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19/12/2013 10:08 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Damas annonce que le corps du médecin britannique sera bientôt transféré à Beyrouth

La dépouille du médecin britannique décédé en prison en Syrie sera remise vendredi "au plus tard" à l'ambassade de son pays à Beyrouth, a annoncé le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad dans un entretien exclusif à l'AFP.

"A la demande de la famille, les autorités syriennes et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) procèdent à une dernière autopsie sur les causes du décès d'Abbas Khan", a-t-il indiqué.

"Dès que celle-ci sera terminée, la dépouille sera transférée au Liban par le CICR pour être remise à l'ambassade de Grande-Bretagne à Beyrouth", a précisé M. Moqdad.

"Cela se fera si possible aujourd'hui ou au plus tard demain", a-t-il encore ajouté.

Interrogé dans la soirée, M. Moqdad a indiqué que l'autopsie était terminée et qu'il revenait au CICR de décider quand la dépouille serait transportée à Beyrouth.

Le régime syrien, accusé par Londres d'être responsable de la mort du médecin britannique en prison depuis plus d'un an, s'était défendu mercredi en affirmant que le défunt s'était "pendu" dans sa cellule, où il était détenu pour "activités non autorisées".

Un membre du gouvernement britannique a accusé mardi les autorités syriennes d'avoir "de facto" assassiné le médecin britannique de 32 ans, arrêté en novembre 2012 en Syrie après avoir travaillé dans des hôpitaux auprès de victimes de la guerre civile. Une ONG syrienne a également accusé Damas d'être responsable de sa mort "par la torture".

"La cause du décès est une asphyxie par pendaison", a conclu un rapport médical syrien officiel, soutenant que le Dr Khan s'est "suicidé" et que "le corps ne présentait aucune trace de violence".

M. Moqdad a indiqué que le président Bachar al-Assad avait décidé d'amnistier le médecin et qu'il était prévu qu'il soit libéré et remis à sa mère et au député britannique Georges Galloway lors d'une conférence de presse.

"J'étais en pleins préparatifs en vue de la libération du Dr Khan le 20 ou le 21 lorsque j'ai reçu un coup de fil m'informant qu'il était mort", a assuré M. Moqdad.

Selon lui, le médecin, incarcéré pendant des mois dans la prison d'Adra dans la province de Damas, avait été transféré dans un "centre de sécurité" dans l'attente de son procès, à l'issue duquel il devait être amnistié.

"J'ai demandé 'comment est-il mort ?', on m'a répondu qu'il avait été retrouvé pendu à la porte avec son pyjama", a expliqué le vice-ministre, se disant "très triste".

Réfutant les accusations de Londres, il a assuré que Dr Khan "a été bien traité en prison".

"Si on avait voulu lui faire du mal, on l'aurait fait un mois, trois mois, dix mois après son arrestation", et non pas alors qu'il était sur le point d'être libéré, a signalé M. Moqdad.

Abbas Khan avait travaillé pour l'ONG Human Aid UK en formant du personnel médical syrien en Turquie, avant de traverser la frontière et de se rendre à Alep.

Cette ONG a jugé qu'il était "incompréhensible" d'imaginer que le médecin, père de deux enfants, se soit suicidé alors qu'il espérait être libéré quelques jours plus tard.

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