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19/12/2013 06:05 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Après les tensions, l'Inde et les Etats-Unis cherchent l'apaisement

Le gouvernement indien a cherché à apaiser jeudi les tensions avec les Etats-Unis nées de l'arrestation d'une diplomate indienne à New York accusée d'exploiter son employée de maison, assurant qu'il ne souhaitait pas mettre en jeu "sa relation précieuse" avec les Américains.

De son côté, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait dès mercredi exprimé ses "regrets" à l'Inde après cette affaire qui l'a contraint à téléphoner au conseiller à la sécurité nationale indien Shivshankar Menon.

Le ministre indien des Affaires étrangères Salman Khurshid a mis en avant la nécessité de préserver les liens entre les deux pays mais il a également réitéré sa dénonciation du traitement "terrible" subi par la diplomate lors de son arrestation et réclamé un abandon des poursuites judiciaires.

"Mon devoir est de ne permettre à personne de nuire à notre relation", a dit le ministre à des journalistes étrangers à New Delhi.

"Nous espérons un retour (à la normale, ndlr) très bientôt", a-t-il dit.

Devyani Khobragade, consule générale adjointe, a été arrêtée le 12 décembre à New York alors qu'elle déposait ses enfants à l'école, et détenue pendant 48 heures. La justice américaine la soupçonne d'avoir sous-payé son employée de maison, elle aussi indienne, et d'avoir menti et produit de faux documents pour établir son visa de travail.

Pendant sa détention, la diplomate a subi des fouilles au corps qui ont suscité l'indignation des autorités de New Delhi, qui ont pris une série de mesures de rétorsion contre les Etats-Unis.

La consule indienne a elle-même raconté dans un e-mail à ses collègues les conditions de sa mésaventure. Elle a dit avoir invoqué en vain devant les policiers américains son immunité diplomatique pour faire cesser les fouilles au corps.

Le ministre indien a confirmé la décision de son gouvernement de transférer la diplomate aux Nations unies afin de lui assurer une immunité complète. Une telle décision doit cependant recueillir le feu vert du Département d'Etat américain.

M. Khurshid a aussi estimé qu'"il n'y avait aucune raison légitime pour poursuivre" la diplomate indienne.

"Je ne crois pas que si un sénateur américain était arrêté, il serait soumis à un tel traitement. J'ai exprimé mon désarroi et ma consternation (..) mais je ne veux préjuger de rien. Laisson le gouvernement américain répondre", a ajouté le ministre.

Le procureur de Manhattan, Preet Bharara, est revenu mercredi soir, de façon très inhabituelle, sur les conditions et les raisons de l'arrestation de Mme Khobragade.

Il l'a accusée d'avoir "clairement essayé d'échapper à la loi", en produisant de faux documents, pour une employée de maison payée bien en-dessous du salaire minimum, et qui travaillait beaucoup plus que les 40 heures de son contrat.

Il a aussi démenti que Mme Khobragade ait été arrêtée devant ses enfants et menottée, tout en confirmant "une fouille (au corps) complète" par une femme, dans un endroit privé.

"Mme Khobragade s'est vue accorder des civilités bien au delà de ce qui est accordé aux autres accusés, y compris Américains", a défendu le procureur

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