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18/12/2013 09:42 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Turquie: 4,5 millions $ auraient été saisis chez le patron d'une banque

ANKARA, Turquie - La police d'Istanbul aurait saisi des boîtes de chaussures contenant plus de 4,5 millions $ US au domicile du patron d'une banque publique, rapporte mercredi une agence de presse turque.

Cette saisie aurait été réalisée dans le cadre d'une vaste enquête pour corruption visant de hauts responsables politiques et des leaders du monde des affaires.

Des dizaines de personnes, dont le chef de la direction de la banque et les fils de trois ministres du gouvernement, ont été arrêtées et questionnées mardi. Le vice-premier ministre turc Bulent Arinc a révélé aux journalistes que 51 personnes étaient interrogées.

Plusieurs estiment que cette opération policière découle d'un conflit de plus en plus important entre le gouvernement du premier ministre Recep Tayyip Erdogan et un influent leader religieux installé aux États-Unis, Fethullah Gulen, dont les partisans seraient solidement implantés au sein de la police et de l'appareil judiciaire du pays.

L'agence Dogan affirme que les boîtes ont été trouvées au domicile de Suleyman Aslan, le chef de la direction de la banque Halk. L'agence ajoute que la femme de M. Aslan, qui a été elle aussi arrêtée, a été entendue sur écoute électronique déclarer que «les verts sont arrivés», possiblement en référence aux billets de banque. M. Arinc a indiqué que la femme a été libérée mardi.

Dogan cite des responsables judiciaires anonymes. Un responsable de la police nationale a plus tard indiqué ne pas être en mesure de confirmer l'information dans l'immédiat, tandis que des dirigeants du ministère de l'Intérieur ont refusé de commenter. M. Arinc a dit ne rien savoir de l'argent qui aurait été saisi.

«Nous croyons que nos amis sont innocents, a-t-il dit. Ça ne veut toutefois pas dire qu'ils seront protégés s'ils ont posé des gestes illégaux.»

Cinq officiers de la police ont été chassés de leurs postes mercredi, ce qui pourrait démontrer que le premier ministre Erdogan entend réagir vigoureusement à cette enquête qui semble cibler ses alliés. Les commissaires suspendus mercredi étaient notamment responsables de la lutte au crime organisé, à la contrebande et à l'activité financière criminelle. Ils supervisaient aussi la détention des individus arrêtés pour corruption.

M. Erdogan a laissé entendre que cette enquête est motivée politiquement et qu'elle vise à piéger son gouvernement. L'enquête survient avant la tenue, en mars, d'élections locales qui sont largement perçues comme un vote de confiance envers le gouvernement Erdogan, qui est au pouvoir depuis 11 ans. M. Erdogan devrait briguer la présidence en août prochain.

L'agence de presse publique Anadolu indique que plus de 50 personnes ont été épinglées par la police dans le cadre de cette enquête, tandis que d'autres informations font état de 84 arrestations. Les policiers ont confirmé à l'Associated Press que les fils de trois ministres ont été questionnés.

Il s'agit des fils du ministre de l'Économie Zafer Caglayan, du ministre de l'Intérieur Muammer Guler et du ministre de l'Environnement Erdogan Bayraktar.

M. Arinc a refusé de dire si les ministres seront renvoyés ou suspendus.