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18/12/2013 08:41 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Soudan du Sud: la violence liée à une lutte de pouvoir a fait au moins 500 morts

Au moins 500 personnes, en majorité des soldats, ont été tuées lors des violences qui ont suivi un coup d'État avorté au Soudan du Sud, a indiqué mercredi le ministre sud-soudanais de l'Information.

Micheal Makuei Lueth a déclaré à l'Associated Press que certaines victimes avaient été «abattues dans les buissons» autour de la capitale, Juba. Il a fait référence à des informations compilées par le ministère de la Défense.

Il a ajouté que quelque 700 autres personnes avaient été blessées dans les affrontements. Il n'a pas fourni plus de détails, affirmant attendre de nouvelles informations du ministère de la Santé.

Les violences semblent opposer des soldats appartenant à la tribu majoritaire des Dinka, celle du président Salva Kiir, à ceux du groupe ethnique Nuer de l'ancien vice-président Riek Machar.

Les affrontements qui font rage depuis quelques jours se sont propagés hors de la capitale et vers l'État rural du Jonglei, a indiqué mercredi un responsable militaire.

Un porte-parole de l'armée sud-soudanaise, le colonel Philip Aguer, a déclaré à l'Associated Press que des combats avaient éclaté dans le Jonglei pendant la nuit. Il a indiqué qu'il tentait de confirmer des informations selon lesquelles des soldats auraient rejoint les rangs des mutins.

Le Jonglei est le plus grand État du Soudan du Sud.

Certains secteurs de la capitale auraient été réduits en ruines au cours des derniers jours, selon Casie Copeland, une analyste du Soudan du Sud pour l'International Crisis Group.

Un couvre-feu est en vigueur de la tombée du jour jusqu'au lever du soleil à Juba. Un journaliste de l'Associated Press a constaté une forte présence policière et militaire dans les rues de la capitale.

Environ 20 000 personnes ont trouvé refuge dans les installations de l'ONU à Juba depuis que les combats ont éclaté dimanche.

Les États-Unis ont ordonné mardi à leurs citoyens de quitter le pays le plus rapidement possible, et mercredi, le Royaume-Uni a annoncé le retrait de certains de ses employés diplomatiques. Le Foreign Office a toutefois fait savoir que son ambassade à Juba demeurerait ouverte pour l'instant.

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a déclaré lundi que son gouvernement avait déjoué une tentative de coup d'État qui aurait été orchestrée par M. Machar, maintenant traqué par l'armée. Le ministre des Affaires étrangères, Barnaba Marial Benjamin, a indiqué mercredi que M. Machar se cachait probablement à l'extérieur de la capitale.

Lors d'une entrevue accordée mercredi à la BBC, M. Machar a nié toute implication dans ces combats. Il a plutôt fait état d'un conflit entre des membres de la garde présidentielle. Les soldats auraient ensuite profité de cet incident pour arrêter ses partisans, mais il a réussi à s'enfuir, a-t-il dit.

«Quelqu'un voulait me rendre coupable. J'ai dû m'enfuir. Ils me traquent», a-t-il déclaré.

Le ministre Benjamin affirme pour sa part que M. Machar a tout orchestré pour tenter de prendre le pouvoir.

«S'il veut être président, il doit attendre une élection, a-t-il dit. Il veut être président, mais il ne s'y prend pas de la bonne façon.»

Au moins 10 leaders politiques ont été arrêtés en lien avec leur rôle dans ce coup d'État présumé. La tension monte au Soudan du Sud depuis que le président Kiir a chassé M. Machar de la vice-présidence.