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18/12/2013 08:26 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Projet Northern Gateway : rapport de la commission d'examen jeudi

Un texte de Annick Forest

La commission d'examen conjoint sur le projet d'oléoducs hautement controversé Enbridge Northern Gateway publiera son rapport très attendu jeudi à Calgary à 14 h 30, heure locale.

La commission environementale, qui se penche sur la question depuis 2010, dévoilera si elle recommande au fédéral d'approuver le projet de tranport de pétrole brut jusqu'à la côte ouest et donnera ses raisons.

Le rapport pourrait également contenir des recommandations de conditions à imposer à Enbridge si le gouvernement du Canada décidait d'approuver le projet.

Cette commission indépendante, mandatée par le ministre fédéral de l'Environnement et l'Office national de l'énergie, devait d'évaluer les effets environnementaux du projet de terminal et d'oléoducs proposé par la compagnie Enbridge.

Le projet de 6 milliards de dollars permettrait à l'Alberta, qui n'a pas d'accès à la mer, d'étendre son bassin de consommateurs au-delà des États-Unis, vers les lucratifs marchés pétroliers asiatiques. 

Enbridge veut construire un terminal maritime à Kitimat en Colombie-Britannique ainsi que deux pipelines d'environ 1170 km entre ce terminal et Bruderheim en Alberta.

Le premier des deux pipelines, d'un diamètre extérieur de près d'un mètre, transporterait en moyenne 525 000 barils par jour de produits pétroliers vers l'ouest jusqu'au terminal de Kitimat.

Le second, d'un diamètre extérieur d'un demi-mètre, transporterait en moyenne 193 000 barils de condensats par jour vers l'est jusqu'à Bruderheim. Les condensats permettent de diluer les produits pétroliers en préparation pour leur transport par oléoduc.

Le pétrole brut serait ensuite transporté par bateau, principalement vers les marchés d'Asie, pour être raffinés.

Dans le cadre de ses travaux, la commission a tenu des consultations publiques dans les communautés touchées par le projet en Colombie-Britannique et en Alberta.

Des centaines personnes se sont présentées à ces consultations pour dénoncer le projet, craignant les effets de fuites possibles sur la terre ferme, et aussi de déversements de navires pétroliers qui sillonnerait les côtes de la Colombie-Britannique.  

De multiples manifestations ont eu lieu en Colombie-Britannique et ailleurs au pays pour s'opposer à ce projet.

De nombreuses Premières Nations ont également affirmé qu'elles ne permettraient pas que ces pipelines et ce terminal maritime voient le jour.

À l'automne 2013, le gouvernement fédéral a envoyé des ministres et des représentants fédéraux en Colombie-Britannique pour y rencontrer des représentants des Premières Nations afin de faire valoir les avantages du projet Northern Gateway.

En juillet 2012, le gouvernement de la Colombie-Britannique a imposé cinq conditions pour donner son accord au projet Northern Gateway.

Cette manoeuvre a jeté un froid entre la première ministre Christy Clark et sa consoeur albertaine Alison Redford.

Celles-ci ont fini par s'entendre sur la question de l'exploitation et du transport des ressources naturelles en novembre dernier.

La Colombie-Britannique a toutefois déclaré à la commission en mai 2013 qu'elle ne pouvait appuyer le projet d'Enbridge, car il ne répondait pas à ses inquiétudes environnementales.

C'est toutefois le gouvernement fédéral et le premier ministre Stephen Harper qui auront le dernier mot, car il s'agit d'un projet de transport interprovincial.