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18/12/2013 07:18 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Panne à l'ISS: une 3e sortie orbitale le jour de Noël pourrait s'imposer

Deux astronautes seront peut-être contraints d'effectuer une troisième sortie dans l'espace le jour de Noël pour finir de remplacer une pompe défaillante d'un des circuits de refroidissement de la Station spatiale internationale, a estimé mercredi une responsable de la Nasa.

"Nous tablons sur deux à quatre sorties orbitales", a expliqué lors d'une conférence de presse Dina Contella, directrice de vol de la Station (ISS) au Centre spatial Johnson de Houston, au Texas.

Mais il faudrait que "les deux premières sorties se passent vraiment très très bien" pour pouvoir finir la réparation en deux fois seulement, a-t-elle prévenu, détaillant les nombreuses tâches que les deux réparateurs de l'espace devront accomplir selon un programme étalé en principe sur trois marches orbitales.

Durant la première sortie qui doit débuter samedi à 12h10 GMT et durer 6h30, les Américains Rick Mastracchio, 53 ans, et Mike Hopkins, 44 ans, prépareront la pompe à ammoniac de 353 kilos à remplacer, débranchant les câbles électriques et les différents conduits.

Ils devront aussi préparer la pompe de rechange, attachée pas très loin sur un tronçon de la Station, en retirant notamment sa protection thermique.

Lors de la seconde sortie programmée deux jours plus tard à la même heure, les deux marcheurs orbitaux retireront la pompe défectueuse attachées par quatre boulons pour l'installer provisoirement sur un des tronçons de l'ISS avant de mettre en place la pompe de rechange. Les deux astronautes effectueront aussi les branchements électriques.

Durant une troisième sortie éventuelle le 25 décembre, Rick Mastracchio et Mike Hopkins finiraient l'installation.

Ils seront assistés dans ces différentes opérations par le bras télémanipulateur de la Station manoeuvré de l'intérieur par l'astronaute japonais Koichi Wakata.

Mystérieuse fuite d'eau

Les responsables de la Station se sont aussi dits confiants dans le bon fonctionnement du scaphandre spatial qu'utilisera Mike Hopkins. Ce scaphandre avait subi une mystérieuse fuite d'eau dans le casque lors d'une sortie dans l'espace effectuée le 16 juillet par l'astronaute italien Luca Parmitano, forçant ce dernier à réintégrer en urgence la Station.

"Mike Hopkins utilisera ce même scaphandre car nous pensons qu'il est en extrêmement bon état", a assuré Dina Contella, précisant que des pièces avaient été remplacées, mais reconnaissant que les ingénieurs n'avaient pas encore pu déterminer la cause du problème. "Ils ont découvert des contaminants qui ont obstrué un filtre et fait refluer de l'eau dans l'arrière du casque", a dit la directrice de vol de l'ISS ajoutant que l'origine de cette contamination reste inexpliquée.

Par précaution, la Nasa a notamment prévu une serviette capable d'absorber près d'un litre d'eau, laissant le temps à l'astronaute de revenir à l'intérieur de l'ISS.

Les astronautes dans la Station ont aussi inventé un système de fortune, en fait un tube en plastique, permettant à l'astronaute de respirer de l'oxygène par la bouche si son casque se remplissait d'eau, a expliqué Allison Bolinger, coordinatrice à Houston des sorties orbitales.

La Nasa avait décidé mardi de procéder à ces sorties d'urgence et de reporter à au moins la mi-janvier le lancement de la capsule non-habitée Cygnus de la société Orbital Science pour sa première mission d'approvisionnement de l'ISS, initialement prévue jeudi soir.

Le dysfonctionnement d'une valve dans la pompe à ammoniac d'un des deux circuits de refroidissement de l'ISS avait été découvert mercredi dernier, forçant la Nasa à n'utiliser que le second circuit de refroidissement et à mettre en veilleuse certains équipements. Mais ce problème n'a jamais mis en danger les six membres d'équipage de la Station, a assuré l'agence spatiale américaine.

Avant de décider d'envoyer des astronautes dans l'espace pour cette réparation, les ingénieurs de la Nasa avaient tenté de compenser cette panne, en partie avec succès, en activant une autre valve afin de rétablir un flot normal d'ammoniac dans le circuit et maintenir une température adéquate.

Mais la réparation ne pouvait pas vraiment attendre car si l'autre circuit de refroidissement subissait aussi une panne, la situation serait alors périlleuse, forçant éventuellement une évacuation de l'équipage, avait expliqué des responsables de la Nasa.

js/mdm