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18/12/2013 04:55 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

NSA: John Baird suggère à Edward Snowden de se rendre aux autorités américaines

OTTAWA - L'ex-consultant de la NSA Edward Snowden devrait abandonner sa tentative d'obtenir l'asile politique au Brésil et se livrer aux États-Unis, a affirmé mercredi le ministre canadien des Affaires étrangères.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne, John Baird a dit croire que les gestes d'Edward Snowden avaient compromis la sécurité dans le monde.

Les États-Unis désirent poursuivre M. Snowden, qui a obtenu l'asile pour un an en Russie. Le geste a provoqué la colère de l'administration Obama et entraîné un refroidissement des relations entre Moscou et Washington.

Au dire du ministre, les États-Unis disposent d'un système judiciaire «libre et juste». M. Baird estime ainsi que le jeune homme devrait rentrer chez lui et assumer les conséquences de ses actes.

Les divers documents coulés par Edward Snowden suggèrent par ailleurs que le Centre de la sécurité des télécommunications Canada a déjà espionné le ministère brésilien des Mines et de l'Énergie, en plus d'aider les États-Unis et la Grande-Bretagne à espionner les participants au sommet du G20 à Londres en 2009.

Dans une lettre ouverte publiée cette semaine, M. Snowden saluait le gouvernement brésilien pour s'être levé face à l'espionnage américain sur le territoire national. Il a également indiqué qu'il pourrait aider le pays à fouiller plus avant dans les activités de la NSA, mais qu'il aurait besoin de se rendre au Brésil et d'obtenir l'asile politique.

L'asile temporaire du jeune homme en Russie doit arriver à échéance en août.

Selon des articles du Guardian et du Washington Post s'appuyant sur les informations coulées par Edward Snowden, les États-Unis auraient même espionné le téléphone de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, ce qui a mené à l'annulation d'une visite d'État à Washington, il y a deux mois.

Le gouvernement brésilien ne semble avoir aucun plan pour répondre favorablement à la demande de M. Snowden, du moins dans l'immédiat.

Si Amnistie internationale a demandé au Brésil d'accéder à la requête, John Baird, lui, a en général rejeté les conclusions de l'organisme, affirmant que ce chien de garde des droits de la personne avait perdu sa légitimité.

La section canadienne d'Amnistie a aussi publié mercredi un rapport condamnant le Canada pour avoir fait bien peu de cas d'un récent document des Nations unies examinant son bilan en matière de droits de la personne.

Le ministre Baird dit ne pas avoir lu le document en question, et ne s'inquiète pas de son contenu, parlant plutôt du Canada comme d'un «phare pour la planète».

«[Amnistie] n'est plus aussi solide qu'elle l'a déjà été», a-t-il déclaré. «Elle estimait que le gouvernement canadien devrait arrêter le président George W. Bush et le vice-président Dick Cheney — c'est absurde.»