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18/12/2013 12:35 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Les violences au Soudan du Sud pourraient s'étendre, prévient l'ONU

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a prévenu mercredi disposer de "signes" montrant que les violences meurtrières au Soudan du Sud pourraient s'étendre, et a demandé que les Nations unies puissent avoir accès aux personnes détenues par le gouvernement.

D'intenses combats entre factions de l'armée sud-soudanaise dans la capitale Juba ont fait quelque 500 morts, 800 blessés et 15.000 déplacés depuis dimanche soir, selon l'ONU.

L'ONU continue d'enquêter sur ces violences qui opposent soldats de l'actuel président Salva Kiir et soldats fidèles à l'ancien vice-président Riek Machar.

"Il s'agit d'une crise politique, qui doit être résolue rapidement par le dialogue. Cette violence risque de s'étendre à d'autres Etats du pays, et nous en avons déjà perçu des signes", a affirmé M. Ban à des journalistes.

Près de 20.000 personnes se sont réfugiées sur deux bases de l'ONU à Juba, où nourriture et eau commencent à manquer.

Plusieurs centaines d'autres personnes se trouvent sur une autre base de l'ONU dans l'Etat de Jonglei (est), a ajouté M. Ban.

Des combats ont aussi eu lieu à Bor, la capitale de l'Etat de Jonglei, et à Torit, la capitale de l'Etat d'Equatoria-Oriental (sud-est), ont rapporté des responsables de l'ONU au Soudan du Sud, qui compte une dizaine d'Etats.

Le président Salva Kiir et son prédécesseur Riek Machar sont des ennemis d'ethnies rivales et les responsables de l'ONU craignent que leur inimitié dégénère en un conflit ethnique plus large.

M. Ban a salué la proposition de dialogue du président sud-soudanais, qui a annoncé mercredi vouloir "parler" avec son rival Riek Machar, qu'il accuse d'avoir fomenté contre lui un coup d'Etat ayant débouché sur environ 48 heures de combats à Juba.

Mais, a ajouté Ban Ki-moon, "il est essentiel de protéger les droits de l'homme de tous les détenus. Les personnes mandatées pour le vérifier doivent avoir plein accès aux prisonniers. Les forces de sécurité doivent agir en pleine conformité avec les lois internationales en la matière".

Les Nations unies disposent d'une conséquente force de maintien de la paix au Soudan du Sud, la plus jeune nation du monde devenue indépendante du Soudan en 2011 et qui compte quelque dix millions d'habitants.

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