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18/12/2013 10:08 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Le gouverneur de Tokyo va démissionner à cause d'un scandale de prêt d'argent (médias)

Le gouverneur de Tokyo, Naoki Inose, va démissionner jeudi à cause d'un scandale de prêt financier reçu juste avant son élection à la tête de la capitale, selon les médias japonais.

"M. Inose a pris la décision de donner sa démission et en fera part demain au cours d'une conférence de presse dans la matinée", a indiqué un journaliste de la chaîne publique NHK lors d'un flash spécial mercredi un peu avant minuit. D'autres TV et les journaux ont donné la même information en direct ou sur leur site internet.

"Le gouverneur a jugé qu'il était difficile dans les conditions actuelles de poursuivre sa tâche", ont ajouté les médias à qui se sont selon eux confiés des proches du gouverneur.

Depuis le mois dernier, M. Inose tente de prouver qu'un important prêt d'argent, consenti par une organisation hospitalière touchée par une sale affaire de financement illégal, l'était à titre personnel et non pour payer sa campagne électorale.

L'actuel gouverneur avait reçu en novembre 2012, un mois avant son élection, une somme de 50 millions de yens (370.000 euros) de la part de Tokushukai, un groupe hospitalier qui est actuellement soumis à une enquête pour fraude électorale organisée. Six personnes ont été arrêtées dans ce cadre début novembre.

Or, aucune référence à cet argent n'est apparue dans les comptes de campagne de M. Inose, lequel essaie de se justifier devant les autres élus de Tokyo et la presse, mais en tenant des propos jugés parfois incohérents.

Il a présenté les documents prétendument établis lors de ce prêt qu'il a depuis intégralement remboursé, mais leur contenu n'a pas convaincu.

Des explications contradictoires et floues ont été données aux élus de la municipalité lors de séances de questions, ont affirmé ces derniers aux médias.

M. Inose, qui avait été élu haut-la-main il y a un peu plus d'un an pour succéder au flamboyant Shintaro Ishihara, s'est fait connaître à l'étranger via la campagne de promotion de Tokyo pour les jeux Olympiques de 2020.

Il avait dit à plusieurs reprises ne pas avoir l'intention de renoncer à ses fonctions car rien d'illégal ne peut, disait-il, lui être reproché. Toutefois, ces derniers jours, la pression est telle sur lui qu'il passe son temps à répondre à des questions sur ce prêt, au détriment de son travail de dirigeant de la capitale. D'aucuns s'inquiètent déjà des conséquences de cette situation sur la préparation des JO de 2020.

La loi japonaise punit d'un maximum de trois ans de prison et 500.000 yens d'amende (3.700 euros) la soumission aux autorités compétentes de comptes de campagnes inexacts.

Si M. Inose renonce effectivement à ses fonctions, des élections pour lui trouver un remplaçant devront être organisées dans un délai de 50 jours à partir du lendemain de sa démission.

kap/keb