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18/12/2013 06:33 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Equateur: un policier en détention pour une rébellion contre Correa en 2010

La justice équatorienne a ordonné mercredi le placement en détention préventive d'un policier, accusé de tentative d'assassinat du président Rafael Correa, lors d'une rébellion policière en 2010, qualifiée à l'époque de putsch par le chef de l'Etat.

La décision a été prise par un magistrat de Quito à l'encontre du policier, dont l'identité n'a pas été révélée, a indiqué le parquet dans un communiqué. Ce dernier encourt une peine de huit à 12 ans de réclusion, selon le code pénal équatorien.

Arrêté sur la base d'une vidéo qui le montrerait armé d'un pistolet, le policier a clamé son innocence. Son placement en détention intervient quatre jours après que le président Correa eût dénoncé que ce fonctionnaire soit encore en liberté.

Le 30 septembre 2010, des milliers d'agents s'étaient soulevés à la suite d'une réforme de leurs conditions de travail, retenant dans un hôpital le président Correa, qui était venu se faire soigner après avoir été exposé à des gaz lacrymogènes. Outre l'occupation de l'aéroport, des centaines de policiers avaient également assiégé le Congrès.

La rébellion s'était étendue à d'autres villes, notamment le port de Guayaquil, deuxième ville du pays, et s'était soldée par plus de 200 blessés et dix morts, dont cinq pendant l'assaut donné à l'hôpital par des troupes fidèles au chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2007.

Une cinquantaine de policiers et de civils ont déjà été poursuivis pour leur participation présumée à cette mutinerie.

Figure de la gauche latino-américaine, en butte à l'hostilité des milieux d'affaires, M. Correa, réélu en février dernier pour un mandat de quatre ans, avait affirmé que cette rébellion avait été organisée par l'opposition et des policiers corrompus dans le but de le renverser voire de l'assassiner.

Après une mission en Equateur en janvier 2012, le sous-secrétaire général des Nations unies aux affaires politiques, Oscar Fernandez, avait reconnu que cette rébellion avait constitué "une tentative de déstabilisation politique", dans un rapport rendu public par les autorités de Quito.

SP/pz/ob