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18/12/2013 09:12 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Damas propose une autopsie à la famille du médecin britannique mort en détention (BBC)

Les autorités syriennes ont proposé à la famille du médecin britannique mort en détention en Syrie, de faire pratiquer une autopsie par une instance indépendante, alors qu'elles sont accusées de l'avoir assassiné, a indiqué mercredi la BBC.

"Le fait que les autorités autorisent une enquête est franchement insultant", a réagi auprès de la BBC Shahnawaz Khan, le frère du chirurgien orthopédiste de 32 ans originaire du sud de Londres.

"Nous ne voulons pas d'enquêtes supplémentaires, nous voulons que son corps soit rapatrié", a-t-il ajouté.

Abbas Khan avait été arrêté en novembre 2012 à Alep, dans le nord de la Syrie, où il s'était rendu pour porter secours à des civils blessés. Il était depuis détenu et sa famille a annoncé mardi qu'il était mort en prison.

Selon la femme du médecin, Hanane Yehya, les responsables syriens ont déclaré au député britannique George Galloway que son mari s'était suicidé.

D'après un rapport officiel syrien cité mercredi par l'agence de presse syrienne Sana, le médecin britannique était détenu pour "activités non autorisées".

"Le citoyen britannique Abbas Khan était entré sur le territoire syrien de manière illégale et menait des activités non autorisées (...) la raison du décès est une asphyxie par pendaison", déclare ce rapport syrien.

Le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères, Hugh Robertson, a réagi à l'annonce du décès d'Abbas Khan en accusant les autorités de Damas d'avoir "de facto" assassiné un médecin britannique.

"Rien ne saurait excuser le traitement qu'il a subi de la part des autorités syriennes qui, de facto, ont assassiné un citoyen britannique présent dans leur pays pour venir en aide aux personnes blessées pendant leur guerre civile", a-t-il dit à la BBC.

Abbas Khan avait travaillé pour l'ONG Human Aid UK en apportant une formation médicale à du personnel médical syrien en Turquie, avant de traverser la frontière et de se rendre à Alep.

L'ONG a jugé dans un communiqué qu'il était "incompréhensible" d'imaginer que le médecin se soit suicidé alors qu'il espérait être libéré quelques jours plus tard.

L'équipe de Human Aid UK a été "profondément attristée et choquée" par sa mort et a rendu hommage à son travail "exemplaire", a déclaré Jilu Miah, le directeur des opérations de l'ONG.

"Une enquête approfondie doit être menée pour connaître la manière dont il a été traité en détention et la raison derrière son décès soudain", a-t-il déclaré.

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