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18/12/2013 07:32 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Canada: des juristes accusent une université chrétienne d'homophobie

Des juristes canadiens s'opposent à ce qu'une université chrétienne interdisant les relations sexuelles pour ses étudiants avant le mariage obtienne l'autorisation d'ouvrir une faculté de droit, y voyant une atteinte aux droits fondamentaux et aussi à ceux des homosexuels.

La Fédération des juristes du Canada a donné son accord à l'université Trinity Western (province de Colombie Britannique, ouest du Canada) pour ouvrir ce cursus universitaire dès 2016. Cette ouverture doit encore recevoir l'aval du gouvernement provincial.

Plusieurs juristes ont exprimé leurs inquiétudes et un millier d'étudiants en droit ont signé une pétition pour dénoncer une université qui formerait des avocats avec un a priori homophobe, rapportaient mercredi les médias canadiens.

L'université Trinity risque de former des "diplômés qui, par exemple, ne saisissent pas complètement l'article 15 (sur l'égalité des droits) ou qui ont une vision très biaisée de ce que cette section veut dire", a estimé l'avocat de droit pénal Eric Gottardi au quotidien Globe and Mail.

L'avocat spécialiste du droit constitutionnel Clayton Ruby est allé plus loin en promettant de contester en justice l'éventuelle ouverture de cette faculté de droit.

Selon le règlement intérieur de l'établissement, les étudiants doivent signer l'engagement de "s'abstenir de tout comportement intime et de toute relation sexuelle extra-maritale".

"Les futurs étudiants qui ne partagent pas nos convictions religieuses sont invités à postuler pour une autre université", est-il ajouté sur le site internet de l'université.

Pour Clayton Ruby, c'est clairement "une discrimination à l'encontre des gays et lesbiennes".

"L'université Trinity Western a été critiquée pour ses engagements chrétiens mais le fait est que les étudiants gays et lesbiennes sont les bienvenus et plusieurs ont déjà été diplômés" (dans notre université, ndlr), précise l'université sur son site.

La direction de l'établissement n'avait pas répondu aux questions de l'AFP mercredi.

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