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18/12/2013 05:14 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Bissau: deux ministres démissionnent à la suite d'une controverse sur 74 réfugiés syriens

Les ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères de Guinée-Bissau ont démissionné à la suite de la controverse sur 74 réfugiés syriens munis de "faux passeports" et autorisés par Bissau à se rendre au Portugal, a-t-on appris mercredi de source officielle.

"J'ai pris la décision de me décharger de mes fonctions de ministre de l'Administration interne (Intérieur) pour ne pas entraver les investigations en cours" dans cette affaire, a déclaré à la presse Suca Ntchama.

M. Ntchama, un colonel de l'armée de l'air, est soupçonné d'avoir facilité l'embarquement des Syriens vers Lisbonne, selon une source proche du dossier.

Le ministre des Affaires étrangères, Fernando Delfim Da Silva, avait présenté sa démission la semaine dernière "pour protester contre l'implication", selon lui, de responsables du gouvernement et de la police dans cette affaire.

Sept responsables de la police ont été depuis suspendus par les services du ministère de l'Intérieur dans le cadre de cette affaire pour laquelle une commission d'enquête dirigée par le ministre de la Justice, Mamadou Saico Baldé, a été mise sur pied.

La compagnie aérienne portugaise avait annoncé le 11 décembre la suspension de toutes ses liaisons vers Bissau après l'arrivée la veille à Lisbonne, à bord d'un de ses avions en provenance de la Guinée-Bissau, de 74 réfugiés syriens munis, selon les autorités portugaises, de faux passeports.

L'équipage a dû accepter l'embarquement des passagers syriens sous la menace de militaires armés de la Guinée-Bissau déployés à l'aéroport, selon ces autorités.

Les Syriens "avaient tous des passeports turcs en bonne et due forme. C'est pour cette raison que nous les avons laissé embarquer", avait déclaré à l'AFP une source au service de la migration et des frontières à l'aéroport de Bissau.

Bissau avait condamné la suspension des vols de la TAP.

Trente mineurs et une femme enceinte faisaient partie des 74 Syriens. Ils sont venus à Bissau, à une date non précisée, en passant par la Turquie et le Maroc, selon une source policière à Bissau.

Le Portugal n'a jamais reconnu les autorités de transition mises en place à Bissau en accord avec les militaires qui avaient renversé le gouvernement en avril 2012, entre les deux tours de la présidentielle.

Cette ancienne colonie portugaise est en proie à une instabilité chronique depuis son indépendance en 1974 après une guerre de libération de plus de dix ans.

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