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17/12/2013 01:45 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Vins contrefaits: l'accusation décrit un menteur poussé par l'appât du gain

L'accusation a entamé mardi son réquisitoire au dernier jour du procès de Rudy Kurniawan à New York, décrivant un menteur poussé par l'appât du gain, ayant gagné des millions en vendant des faux grands vins français fabriqués dans sa cuisine.

C'était un "faussaire de vins prolifique, qui dans sa cuisine en Californie avait assemblé tout ce dont il avait besoin", a déclaré aux jurés le procureur Joseph Facciponti. Kurniawan disait avoir "une cave magique, dont il a vendu les vins à des victimes partout dans le monde. Mais il n'y avait pas de magie, seulement les mensonges de l'accusé", a-t-il ajouté.

Kurniawan, 37 ans, avait "connu au départ un succès incroyable, gagnant des millions de dollars", a-t-il souligné. "Mais cette affaire est un affaire de mensonges, et de cupidité", a ajouté le procureur, rappelant aux jurés tout ce qui avait été trouvé chez le collectionneur et vendeur indonésien: des milliers d'étiquettes de grands vins français de Bourgogne et de Bordeaux, de la cire, des vieux bouchons, des tampons, des bouteilles pleines attendant d'être étiquetées... Et des notes, des formules, pour des mélanges soigneusement élaborés, à partir de vins moins coûteux achetés par centaines de bouteilles.

La défense devait à son tour plaider mardi après-midi, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer.

Kurniawan, en costume sombre, est resté impassible, comme depuis le début de son procès.

En quelques années, à partir de 2002, cet homme au visage enfantin, dont on ignore le passé, s'était hissé au firmament des experts, y gagnant le surnom de Dr Conti, en raison de sa passion pour le Romanée-Conti. Deux ventes aux enchères à New York en 2006, de milliers de bouteilles proposées par Kurniawan, avaient récolté respectivement 10,6 et 24,7 millions de dollars, un record.

Dans le même temps, a rappelé mardi le procureur, Kurniawan avait contracté des millions de dollars de dettes.

Tout bascule en avril 2008, quand il propose aux enchères à New York un lot de 97 bouteilles de Bourgogne du Domaine Ponsot, estimé entre 440.000 et 602.000 dollars. L'une des bouteilles était datée de 1929, alors que le domaine n'a commencé la mise en bouteille qu'en 1934.

Kurniawan avait été arrêté chez lui en mars 2012.

Une quinzaine de personnes ont témoigné à charge lors du procès, dont les responsables des domaines de Bourgogne, Ponsot, Roumier et Romanée-Conti. La défense n'a présenté qu'un témoin mardi matin, un expert en vins peu convaincant.

Accusé de fraude postale visant à vendre des vins contrefaits, et de fraude électronique, pour avoir contracté un prêt de 3 millions de dollars en mentant sur ses revenus en 2007, Kurniawan risque jusqu'à 40 ans de prison.

bd/mdm