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17/12/2013 03:24 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Un Canadien parcourt 12.000 km à vélo pour les prisonniers de Papouasie

Un Canadien a remis mardi des lettres de soutien à des indépendantistes détenus en Papouasie indonésienne, après avoir parcouru 12.000 km à vélo pour dénoncer les violations des droits de l'homme dans la région.

Jeremy Bally, 26 ans, a quitté en mai dernier Victoria, en Colombie-Britannique, dans l'ouest du Canada, avant de pédaler pendant 12.000 km à travers le Canada, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande et l'Australie avant de finir sa course en Papouasie indonésienne.

Il a alors remis quarante cartes postales de soutien à des militants de la cause papoue détenus dans la prison d'Abepura, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le Canadien a notamment rendu visite à Filep Karma, leader indépendantiste condamné à 15 ans de prison pour avoir notamment hissé le drapeau papou, un geste sévèrement réprimé en Indonésie.

"Je veux faire de l'histoire de la Papouasie Occidentale un sujet d'actualité au niveau international", a indiqué M. Bally, un militant des droits de l'homme.

Vaste région peu peuplée mais très riche en ressources naturelles, la Papouasie Occidentale a été annexée par l'Indonésie en 1969. La zone, qui forme la partie occidentale de l'île de Nouvelle-Guinée, sortait alors de plus d'un siècle de colonisation néerlandaise.

Depuis, des groupuscules indépendantistes mènent régulièrement des actions ponctuelles, tandis que des organisations des droits de l'homme dénoncent une répression policière et militaire brutale. Survival International, mouvement de défense des peuples indigènes, estime à 100.000 le nombre de civils "tués depuis l'occupation indonésienne".

"C'est une histoire à la fois belle et tragique", résume Jeremy Bally.

Selon Amnesty International, plus de 70 personnes sont actuellement détenues pour des activités jugées "sécessionnistes", comme par exemple hisser le drapeau papou ou participer à des manifestations indépendantistes, en Papouasie ou dans les îles des Moluques où subsiste également un mouvement indépendantiste.

L'organisation des droits de l'homme exige la libération de ces "prisonniers d'opinion".

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