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17/12/2013 10:43 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Mise en garde américaine contre une audition de Snowden par le Parlement européen

Un représentant du Congrès américain a mis en garde mardi le Parlement européen contre les "conséquences négatives" d'une audition d'Edward Snowden, le consultant qui a révélé l'ampleur de l'espionnage américain en Europe.

"Ce sera très négatif pour les liens entre les Etats-Unis et l'Union européenne", a soutenu le représentant républicain Mike Rogers, président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants, lors d'une conférence de presse après une audition au Parlement européen à Bruxelles.

Les députés européens sont très divisés sur l'opportunité d'entendre le jeune "lanceur d'alerte" aujourd'hui réfugié en Russie après avoir révélé l'ampleur des écoutes menées par la NSA, l'agence de la sécurité nationale.

Les élus des groupes PPE (centre droit) et ECR (conservateurs britanniques) s'opposent toujours au principe d'une vidéoconférence avec Snowden, a déploré mardi l'élue libérale néerlandaise Sophie in't Veld.

"A propos de ce monsieur, je ne peux pas dire ce que j'en pense parce que ce ne serait pas imprimable", a lancé Mike Rogers.

"Je ne crois pas personnellement que cette maison doive protéger quelqu'un qui est recherché aux Etats-Unis pour crime. Il a mis en danger la vie des soldats américains et des citoyens américains", a-t-il accusé.

Le représentant américain a également mis en garde les élus européens contre le blocage des accords SWIFT (consultations des données sur les virements bancaires), PNR (données des passagers des avions) et Safe Harbour (code de conduite sur l'exploitation et le transfert des donnée personnelles recueillies par les entreprises américaines en Europe).

"Suspendre SWIFT serait une mauvaise idée (...) et suspendre Safe Harbour causerait autant de dommages aux entreprises européennes qu'aux entreprises américaines", a soutenu M. Rogers.

"Les services de renseignement américains ne mènent aucune activité d'espionnage économique. Ce n'est pas dans leur mandat et ce n'est pas leur mission", a-t-il affirmé.

Mike Rogers a soutenu que la NSA avait permis de "déjouer 54 tentatives d'attentats terroristes aux Etats-Unis et en Europe".

La NSA mène des "activités importantes pour la sécurité des Etats-Unis et de nos alliés", a-t-il affirmé en vantant un "service de renseignement bien meilleur que tout ce qui existe en Europe".

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