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17/12/2013 04:12 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Mali: quatre corps exhumés à Bamako, sans doute des militaires tués en 2012

Les corps de quatre personnes, sans doute des militaires maliens assassinés parce que proches du président Amadou Toumani Touré renversé en 2012, ont été découverts et exhumés lundi soir à Bamako, a appris mardi l'AFP de sources judiciaires.

Le juge Yaya Karembé, chargé de l'instruction des crimes et exactions commis par les auteurs du coup d'Etat du 22 mars 2012 qui a précipité le Mali dans le chaos, s'est rendu au cimetière de Hamdallaye, un quartier du sud de Bamako, pour faire exhumer les corps, a indiqué un proche du juge.

Ils se trouvaient dans quatre tombes séparées selon cette source qui a précisé que "c'est l'interrogatoire d'un militaire arrêté dans le cadre de l'affaire de l'assassinat d'autres militaire parachutistes", les Bérets rouges fidèles au président renversé en 2012, Amadou Toumani Touré (ATT), qui avait "conduit au cimetière pour la découverte des corps".

Selon une autre source proche de l'enquête, "il est de plus en plus certain, que les quatre Bérets rouges (présumés, ndlr), ont été assassinés, et pour brouiller les pistes, les assassins sont venus dans la précipitation les enterrer au cimetière, comme s'ils étaient décédés de mort naturelle".

Le 4 décembre, un charnier de 21 corps, sans doute des Bérets rouges également, avait été découvert à Diago, près de Bamako, une semaine après l'arrestation, l'inculpation et l'incarcération de l'auteur du putsch de mars 2012, Amadou Sanogo. Une quinzaine de ses proches ont ensuite été arrêtés, inculpés et écroués à leur tour.

Selon le gouvernement malien, "pour l'instant, Amadou Sanogo est inculpé de complicité d'enlèvement de personnes", mais une source proche du juge Karembé a affirmé à l'AFP qu'il a été inculpé de "meurtres, complicité de meurtres, assassinats, enlèvement de personnes et complicité d'enlèvement".

Dans les mois qui ont suivi le coup d'Etat, les hommes de Sanogo se sont rendus coupables de nombreuses violences commises contre des militaires considérés comme fidèles au président ATT renversé, ainsi que contre des hommes politiques, des journalistes et des membres de la société civile.

Le coup d'Etat avait précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés, qui ont occupé cette région pendant neuf mois avant d'en être en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée par la France en janvier 2013 et toujours en cours.

sd-stb/aub