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17/12/2013 02:18 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Hollande affirme que l'interdiction des signes religieux a fait ses preuves

PARIS - Debout aux côtés de la première ministre Pauline Marois dans la cour du Palais de l'Élysée, le président français François Hollande a vanté mardi la laïcité et l'interdiction des signes religieux comme moyens de mieux de vivre ensemble.

Ce n'est évidemment pas un appui officiel de la France à la charte de la laïcité québécoise, mais cela traduit une très nette communauté de vue, dont Mme Marois s'est très ouvertement réjouie.

La première ministre québécoise et le président français venaient d'avoir ensemble une entretien de plus de 45 minutes au cours duquel le projet de charte du gouvernement péquiste a été abordé.

«Est-ce que l'interdiction des signes religieux permet d'apaiser les tensions dans une société plurielle comme la France et le Québec?», a demandé un journaliste québécois au chef de l'État lors du point de presse qui a suivi.

«Oui, nous en avons fait l'expérience», a tranché le président, en évoquant la loi qui interdit depuis 2004 les signes religieux à l'école et «qui a été pleinement acceptée et qui aujourd'hui n'est pas rediscutée».

«La laïcité est un principe qui permet de vivre ensemble, donc de respecter les convictions, les religions, mais elles n'ont pas leur place dans les établissements scolaires en tant que signes ostensibles. C'est ce que nous avons, de façon consensuelle, décidé en France», a-t-il poursuivi.

Vendredi déjà, après avoir reçu Mme Marois à Matignon, le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait tenu à ses côtés des propos semblables, qui avait résonné «comme de la musique» aux oreilles de la leader souverainiste. En entendant ceux du président, la première ministre avait du mal à contenir sa joie: «Je vous jure, je vous écoutais François, c'est formidable… Je n'ai pas mis ces mots dans sa bouche, mais vous savez que ce sont exactement les mêmes que j'utilise au Québec lorsque je parle de notre proposition, qui est de bien vivre ensemble, du vouloir bien vivre ensemble», s'est exclamée Pauline Marois.

La première ministre a répété que la France était pour elle, dans ce dossier, une source d'inspiration, sans aller jusqu'à dire qu'elle était de bon conseil.

«Nous sommes très respectueux des autonomies des uns et des autres. C'était plutôt un échange sur le sujet, et si certains peuvent dire que ce sont des conseils, en tout cas, on nous a dit que les résultats obtenus ici (…) étaient bons, alors moi ça m'inspire», a-t-elle expliqué.

Le chef de l'État français recevait Pauline Marois pour la deuxième fois. Les retrouvailles ont été chaleureuses. M. Hollande est descendu du perron de l'Élysée pour aller accueillir la première ministre à sa descente de voiture, lui serrer la main et lui faire la bise. Il l'a aussi raccompagnée après leur point de presse conjoint, en l'entraînant par la main, avant de lui refaire la bise et de lui donner une amicale accolade.

Cette rencontre avec le président français concluait la «mission économique» de cinq jours que Pauline Marois vient d'effectuer à Paris, Monaco et Bruxelles. M. Hollande a confirmé à cette occasion qu'il effectuera un voyage au Canada et «bien sûr, forcément» au Québec. Le première ministre a souhaité que cette visite soit «combinée à une mission économique», qui tournerait notamment autour de l'électrification des transports, nouveau Graal des relations franco-québécoises.