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17/12/2013 04:39 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Chili: Michelle Bachelet assure que son programme ne menace personne

Michelle Bachelet, élue dimanche comme prochaine présidente du Chili, a assuré mardi que son programme socialiste, qui prévoit des réformes de la constitution et de la fiscalité, ne constitue "une menace" pour personne.

"Aucune des réformes (...) que nous allons mettre en oeuvre ne constitue une menace pour le secteur privé ou pour quiconque dans le pays", a déclaré Mme Bachelet qui avait convoqué la presse étrangère deux jours après son élection au deuxième tour de la présidentielle.

Après un premier mandat en 2006-2010, Michelle Bachelet, 62 ans, a été de nouveau élue avec 62,1% des voix face à la libérale Evelyn Matthei.

"Bien au contraire, la vraie menace serait de ne pas faire ce que nous avons à faire (c'est-à-dire) vaincre les inégalités et s'assurer que notre pays progresse de façon plus harmonieuse", a-t-elle souligné.

Mme Bachelet a promis d'entamer, dans les cent jours suivant son investiture le 11 mars prochain, une série de réformes comprenant notamment une hausse de la pression fiscale sur le secteur privé.

Dans le cadre d'une réforme fiscale, elle s'est fixé pour but de récolter 8,2 milliards de dollars (5,9 millions d'euros, 3% du PIB) en augmentant notamment de 20 à 25% les impôts aux entreprises. Ces mesures ont été fortement critiquées lors de la campagne par la droite, qui a accusé Mme Bachelet de vouloir étouffer le secteur privé.

"Lors de mon précédent mandat, nous avions clairement fait preuve d'une attitude responsable au niveau fiscal", a encore voulu rassurer la future présidente.

Ces nouvelles recettes doivent permettre de financer une refondation du système éducatif (avec la gratuité des études universitaires d'ici à six ans et la fin du subventionnement des écoles privées), ainsi que l'amélioration du système de santé et des services publics.

Par ailleurs, Mme Bachelet envisage de faire sauter les "verrous antidémocratiques" de la Constitution de 1980 héritée de la dictature (1973-1990), mais la courte majorité obtenue par sa coalition de gauche lors des législatives de novembre est pour l'instant insuffisante pour atteindre les 3/5èmes de voix nécessaires à tout amendement constitutionnel.

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