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17/12/2013 03:47 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Afrique du Sud: le principal syndicat critique vivement l'ANC

Le principal syndicat sud-africain a appelé mardi au renversement du pouvoir de l'ANC, le parti dirigeant dont il est l'allié traditionnel, si ce dernier ne tenait pas ses promesses, son président préconisant même la démission du président Zuma.

Lors du congrès extraordinaire du Syndicat national des métallurgistes, le Numsa, le secrétaire général Irvin Jim a affirmé que le gouvernement avait échoué à vaincre la pauvreté, le chômage et les inégalités.

"La stratégie macro-économique du gouvernement actuel a échoué" face à la crise, et il est temps de poser "la question fondamentale de la propriété et du contrôle de l'économie sud-africaine", a-t-il estimé dans un rapport du congrès.

"Devons-nous continuer à soutenir l'ANC avec les ressources de notre syndicat aux élections de 2014" ?, s'interroge le texte.

"Si l'ANC ne remplit pas sa mission, vous devez lui faire ce que vous avez fait au régime d'apartheid", a-t-il dit, assurant reprendre à son compte des propos de l'ancien président Nelson Mandela, récemment décédé, tenus à l'adresse du mouvement syndical il y a 20 ans.

Avec 338.000 membres, le Numsa est le principal syndicat affilé à la confédération Cosatu, qui compte au total 2,2 millions d'adhérents, et qui est l'alliée de l'ANC.

Le président du Numsa Andrew Chirwa a suggéré que le congrès réclame, lors de sa clôture vendredi, que le président Zuma démissionne en raison des révélations sur un scandale, selon lesquelles il aurait bénéficié de près de 15 millions d'euros de fonds publics pour rénover sa résidence privée.

"Ne devrions-nous pas demander que notre propre président Jacob Zuma qui a bénéficié de ce scandale, démissionne dans l'intérêt des pauvres? Ne devons-nous pas demander qu'il démissionne pour sauver l'héritage de Nelson Mandela?", a déclaré M. Chirwa.

Plus de 1.000 délégués participent à ce congrès extraordinaire du Numsa qui a envisagé de couper les liens avec la "maison mère", la confédération Cosatu, ce qui coûterait de nombreuses voix essentielles au parti au pouvoir aux élections de 2014.

A travers ses organisations affiliées, le Cosatu non seulement finance la campagne électorale de l'ANC, mais aussi lui procure des voix.

Le Numsa reproche son mouvement de tutelle de ne pas s'opposer à la politique économique libérale du gouvernement.

"Une décision doit être prise sur ce vers quoi nous allons si nous n'obtenons pas du Cosatu ce que nous demandons", a dit Andrew Chirwa. "L'état de la classe ouvrière est désastreux, la classe ouvrière est sans direction".

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