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16/12/2013 04:32 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Les blancs d'Afrique du Sud inquiets après le départ de Mandela

PRETORIA, Afrique du Sud - De nombreux Afrikaners ont exprimé leur inquiétude quant à l'avenir du pays lors d'une célébration du 175e anniversaire d'une sanglante victoire contre les Zulus, lundi à Pretoria, alors qu'à l'autre bout de la ville, une foule célébrait le dévoilement d'une nouvelle statue de Nelson Mandela.

Un Mandela de neuf mètres de hauteur se trouve maintenant au coeur de Pretoria, face aux Union Buildings, qui ont déjà été le siège du gouvernement de l'apartheid, où M. Mandela est devenu le premier président élu démocratiquement il y a 19 ans.

L'humeur n'était pas trop à la fête, toutefois, à l'autre bout de la ville, où plus de 1000 Afrikaners se sont rassemblés.

Le 16 décembre était une fête nationale sous le régime de l'apartheid, pour commémorer la victoire contre les Zulus. Cette date a depuis été rebaptisée «Jour national de la réconciliation».

La plupart des Afrikaners, qui ont installé le règne minoritaire raciste terminé en 1994, ont depuis accepté la fin de la discrimination raciale. Cependant, une minorité de ce groupe de Blancs descendants de Néerlandais demeure très critique à l'endroit de l'Afrique du Sud.

L'événement a attiré plusieurs observateurs blancs qui ont dénoncé la corruption et exprimé leur crainte de voir la majorité noire se venger éventuellement, maintenant qu'est mort Nelson Mandela, dont la présence assurait des politiques modérées et non discriminatoires.

«Si les nouveaux leaders noirs agissent comme lui et bâtissent la société qu'il espérait, tout ira bien», a affirmé Elizabeth Neethling, âgée de 65 ans. «Nelson Mandela était une bonne personne, mais ils sont tous corrompus aujourd'hui. Je ne vois aucun futur pour mes (cinq) enfants et petits-enfants. Ils ont du mal à se trouver du travail. Maintenant, les Noirs dominent et nous subissons leur apartheid.»

Dans un autre plus petit rassemblement, à quelques kilomètres seulement du dévoilement de la statue de M. Mandela, où le président Jacob Zuma lançait un message d'unité à la foule, Anton Lubbe s'inquiétait aussi. «Ils vont tout détruire ce qui a été établi ici», a dit cet ancien professeur de médecine vétérinaire.

«Nous avons notre culture occidentale, nos valeurs, mais ils sont différents. L'Afrique du Sud d'avant est violée. S'il y avait plus de Madibas, ce serait différent.»

Les Blancs représentent 9 pour cent des 53 millions d'habitants de l'Afrique du Sud, selon des données du gouvernement.