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16/12/2013 06:02 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

La Russie croit que l'attaque chimique en Syrie était une mise en scène

La Russie s'en est prise aux États-Unis et ses alliés au Conseil de sécurité de l'ONU à propos de la responsabilité de l'attaque chimique survenue en Syrie en août dernier.

L'ambassadeur russe a dit au conseil que l'attaque meurtrière du 21 août, qui a mené la Syrie à accepter de rendre tout son arsenal chimique, était une «mise en scène», une provocation.

Vitali Tchourkine a comparé cela à la «manipulation de l'opinion publique» qui a mené à l'invasion américaine de l'Irak.

L'ambassadeur français Gérard Araud, le président du conseil, a seulement dit aux journalistes que les membres avaient eu des «échanges acrimonieux».

Cette rencontre animée est survenue alors que le conseil recevait sa première séance d'information sur le rapport final d'une équipe d'inspecteurs de l'ONU de la part du secrétaire général Ban Ki-moon.

Les inspecteurs n'avaient pas pour tâche de déterminer qui, du gouvernement syrien ou des rebelles, était responsable de l'attaque.

La Russie est le principal allié de la Syrie et elle a utilisé son droit de véto au conseil pour bloquer des actions contre le président syrien Bachar el-Assad.

«La Russie utilise la défense de la pieuvre géante — elle éjecte de l'encre pour brouiller les eaux quant à la culpabilité du régime. Ça ne fonctionne pas», a publié l'ambassadeur britannique aux Nations Unies sur son compte Twitter, après la rencontre.

M. Tchourkine n'a pas explicitement nommé les États-Unis dans son accusation sur l'attaque chimique, qui a fait plus de 1400 morts selon le gouvernement américain.

Cependant, l'ambassadeur syrien Bachar Ja'afari y est allé d'une analogie révélatrice à propos des États-Unis et de leurs efforts pour préparer toutes les parties en vue de discussions de paix prévues le mois prochain à Genève. «On ne peut pas être à la fois pyromane et pompier», a-t-il dit.

L'équipe d'inspecteurs de l'ONU a conclu que des armes chimiques avaient probablement été utilisées à quatre endroits en Syrie, en plus de l'attaque confirmée au gaz sarin du 31 août à Ghouta. L'inspecteur en chef, Ake Sellstrom, a affirmé la semaine dernière que des méthodes plus «intrusives» que celles permises pour son enquête seraient nécessaires pour déterminer les responsables.

«Je pourrais spéculer, mais je n'ai pas d'information qui sera valide devant une cour», a-t-il affirmé.