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16/12/2013 06:53 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Israël calcule sa riposte à la mort d'un soldat à la frontière libanaise

L'armée israélienne a répliqué de manière limitée à la mort d'un de ses soldats touché par des tirs d'un soldat libanais à la frontière, tentant lundi de déterminer l'éventuelle implication du Hezbollah pour moduler sa riposte.

Un sergent israélien de 31 ans a été tué dimanche soir par des tirs en provenance du Liban alors qu'il conduisait un véhicule aux environs de Rosh Hanikra, tout près de la frontière, a indiqué l'armée, précisant qu'il avait essuyé six ou sept tirs.

"A notre connaissance, c'est un soldat libanais qui a tiré sur notre soldat. Nous tenons le gouvernement et l'armée libanaise pour responsables de ce qui arrive de leur côté", a déclaré le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon.

Il a réclamé que "l'armée libanaise explique exactement ce qu'il s'est passé et si ce soldat a agi de sa propre initiative, ce qu'il est advenu de lui et comment l'armée libanaise compte empêcher que cela se reproduise".

La Finul, Force intérimaire des Nations unies déployée dans le sud du Liban, a affirmé lundi que les tirs étaient un acte "individuel" commis par un soldat libanais, à la suite d'une réunion tripartite au point de passage de Ras al-Naqoura avec des officiers israéliens et libanais.

"Toutes les circonstances exactes de cet incident ne sont pas claires pour le moment, mais des premiers résultats de l'enquête, il ressort qu'il s'agit d'une action individuelle de la part d'un soldat contrevenant aux règles et aux procédures opérationnelles", a affirmé le chef de la Finul, le général Paolo Serra.

Selon le site d'information israélien Ynet, le sous-officier israélien aurait conduit trop près de la frontière libanaise, s'exposant ainsi au feu de l'ennemi.

"Le soldat tué circulait dans un véhicule civil près de la frontière libanaise. L'enquête est en cours", a déclaré à l'AFP un porte-parole militaire israélien.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a "déploré le tir contre un soldat israélien par un soldat libanais", assurant que les deux parties "coopéraient avec la Finul pour établir les faits".

Dans un communiqué, il a "rappelé aux forces armées libanaises leurs responsabilités" à la frontière, tout en "exhortant les deux parties à faire preuve de retenue".

Plus grave accrochage depuis 2010

Un porte-parole de l'armée israélienne, le commandant Arye Shalicar, avait par ailleurs déclaré à l'AFP qu'après les tirs, les militaires israéliens avaient ouvert le feu sur "deux suspects de l'autre côté de la frontière".

"Nous pensons qu'il s'agissait de soldats libanais impliqués dans les tirs contre le soldat", a-t-il ajouté, indiquant qu'au moins un d'entre eux avait été touché.

Selon une source militaire libanaise, les forces libanaises en charge de la position la plus proche étaient lundi à leur poste, à 500 mètres de la ligne d'armistice entre les deux pays, près de Ras al-Naqoura.

Un correspondant de l'AFP a vu trois soldats postés dans un abri où se trouvent des équipements de communications.

Il s'agit de l'accrochage frontalier le plus meurtrier depuis août 2010, quand un soldat israélien, deux soldats et un journaliste libanais avaient été tués.

Les commentateurs des médias israéliens soulignaient que, comme à l'époque, l'ampleur des représailles dépendrait du fait de savoir s'il s'agissait d'une attaque isolée ou au contraire d'une opération ordonnée par le Hezbollah ou par l'armée libanaise.

Le Hezbollah nourrit des motifs de vengeance, en particulier après l'assassinat au début du mois d'un de ses chefs, imputé par la formation chiite libanaise à Israël, qui a démenti, rappelle le correspondant militaire du quotidien Haaretz.

Selon lui, "ni Israël ni le Hezbollah ne souhaitent une vaste confrontation militaire" en ce moment.

"Dans le même temps, il semble que le Hezbollah préférerait des attaques discrètes - par exemple en agissant par l'intermédiaire de soldats libanais - pour ne pas se retrouver accusé et éviter d'être entraîné dans une véritable guerre avec Israël", écrit-il.

La situation à la frontière israélo-libanaise est généralement calme depuis que l'armée israélienne et le Hezbollah se sont affrontés très durement à l'été 2006.

Plus de 1.200 Libanais avaient été tués, en majorité des civils, ainsi que 160 Israéliens, des militaires pour la plupart.

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