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16/12/2013 02:12 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Irak: 68 morts de nouvelles violences, dont un attentat contre des pèlerins chiites

Des pèlerins chiites ont été visés par un double attentat à la voiture piégée et la mairie d'une ville de province a été prise d'assaut lundi en Irak où le bilan des violences pour la journée s'élève à 68 morts.

Les violences en Irak sont remontées cette année à des niveaux semblables à ceux de 2008 et du conflit ayant ensanglanté le pays après l'invasion menée par les Etats-Unis en 2003.

Signe de la dangereuse montée des violences confessionnelles en Irak, dans la région de Rachid, au sud de Bagdad, au moins 24 pèlerins sont morts dans l'explosion de deux voitures piégées alors qu'ils se rendaient à pied à Kerbala pour les commémorations religieuses de l'Arbaïn, le 40e jour de deuil suivant l'Achoura, la plus importante cérémonie religieuse chiite.

L'Arbaïn est commémoré le 23 décembre cette année, mais plusieurs milliers de fidèles prennent des semaines à l'avance le chemin de la ville sainte chiite, située à 110 km de Bagdad.

A Tikrit, au nord de Bagdad, des assaillants ont fait exploser une voiture piégée devant la mairie, avant d'occuper le bâtiment, selon des responsables qui n'étaient pas en mesure de fournir un premier bilan des victimes.

A la suite de cette attaque, qui illustre une nouvelle fois l'inefficacité des imposantes mesures de sécurité mises en place autour des bâtiments publics, tous les fonctionnaires de la ville, y compris les enseignants, ont été priés de rentrer chez eux.

En milieu de journée, les autorités ont annoncé que les forces de sécurité avaient repris le contrôle de la mairie et libéré 40 otages. "Nos forces ont tué un kamikaze, mais deux autres se sont fait exploser", a déclaré à l'AFP Sabah Noori, porte-parole des services anti-terroristes.

Un conseiller municipal et deux policiers ont été tués, ont ajouté un officier de police et un médecin, sans préciser s'ils l'avaient été lors de l'attaque des hommes armés ou de l'assaut des forces de l'ordre.

Dans la même région, des kamikazes ont attaqué lundi matin un poste de police à Baïji de la même manière que la mairie de Tikrit: l'un a fait exploser sa voiture piégée devant le portail, puis trois autres sont entrés, tuant un officier et un policier.

En reprenant le poste, les forces spéciales ont tué l'un des assaillants, tandis que les deux autres se sont fait exploser, tuant trois policiers.

Toujours près de Tikrit, des hommes armés ont tué lundi trois soldats qui assuraient la surveillance d'un oléoduc.

Et deux policiers chargés de la même tâche sur un autre oléoduc au sud de Kirkouk (nord) ont été tués par l'explosion d'une bombe.

Violences quotidiennes

Une autre attaque s'est déroulée à Mossoul, dans le nord du pays, où des hommes armés ont tué 12 personnes dans un bus, selon la police et un employé de la morgue.

Dans la province de Bagdad, cinq voitures piégées et une bombe accrochée à un véhicule ont fait au moins 17 morts et 43 blessés. L'un des attentats les plus meurtriers a tué quatre personnes sur un parking près des locaux du conseil provincial de Bagdad.

Dimanche, une précédente série d'attaques à travers le pays, et en particulier à Bagdad, avait fait 19 morts, dont une présentatrice de télévision, ce qui porte à six le nombre de journalistes tués en Irak depuis octobre.

L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) s'est dite "consternée par ce nouvel assassinat comme par l'attentisme des autorités locales et nationales face à la campagne sanglante dont sont victimes les acteurs de l'information en Irak".

Les violences en Irak ont déjà fait plus de 6.500 morts depuis le début de l'année, selon un bilan compilé par l'AFP à partir de sources de sécurité et de santé.

Les autorités accusent régulièrement Al-Qaïda, estimant que la guerre civile en Syrie voisine favorise ses activistes, mais experts et diplomates relèvent aussi l'incapacité du gouvernement à répondre aux mécontentements à l'origine des violences.

Un mouvement de contestation sporadique agite en particulier la minorité sunnite, qui se dit marginalisée et dénonce un usage abusif à son encontre de l'arsenal juridique anti-terroriste.

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