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16/12/2013 07:58 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Grèce: mise en garde des agents immobiliers contre l'écroulement du marché

La Fédération grecque des agents immobiliers (Omase) a tiré lundi la sonnette d'alarme devant le risque "d'écroulement" du marché dans les grandes villes en raison de nouvelles taxes foncières prévues par un projet de loi controversé.

Après une chute de 30 à 50% des prix de l'immobilier ces dernières années "en raison de la récession et des taxes imposées, ce projet de loi, au lieu de réduire l'imposition excessive qui a déjà gelé les transactions, conduit à l'écroulement du marché", a prévenu Ioannis Revithis, président de l'Omase, lors d'une conférence de presse.

Ce projet, qui doit être adopté par le Parlement d'ici à la fin de la semaine, instaure une taxe foncière pour tous les biens immobiliers et une taxe supplémentaire pour les propriétaires de biens immobiliers d'une valeur de plus de 300.000 euros. Pour la première fois, une taxe est prévue pour les terres agricoles.

Jusqu'en 2011, seuls les grands propriétaires en Grèce étaient soumis à une taxe foncière. Mais face à la crise de la dette et en vue d'augmenter les recettes publiques, le gouvernement, poussé par les créanciers du pays, UE-BCE-FMI, avait introduit une taxe sur toutes les propriétés.

"La surimposition conduit à la dévaluation des propriétés ce qui profite aux investisseurs étrangers qui veulent acheter à des prix dérisoires", a estimé Michalis Géorgiou, membre du conseil d'administration de l'Omase.

Selon lui, "les prix en 2014, une année critique pour l'immobilier, vont encore dégringoler jusqu'à 20%".

Considéré comme une garantie sociale face aux défaillances de l'État-providence, l'investissement dans l'immobilier était une tradition en Grèce, où le taux de propriété est de plus de 70%, l'un des plus élevés d'Europe.

De nombreuses propriétés, professionnelles ou résidentielles, restant sans locataire en raison de la crise, l'Omase propose "des exemptions ou la réduction de l'imposition" pour ces catégories.

La Fédération s'est également dite favorable au prolongement du moratoire sur les saisies de biens immobiliers faisant l'objet de créances de moins de 200.000 euros, qui avait été adopté ces dernières années pour protéger les petits propriétaires. Cette question épineuse est actuellement au centre des discussions avec la troïka des créanciers, en vue du déblocage d'une tranche des prêts au pays.

hec/od