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16/12/2013 08:43 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Des dizaines de femmes de prisonniers politiques manifestent à Abidjan

Plusieurs dizaines de femmes de prisonniers politiques, détenus depuis la crise postélectrale de 2010-2011 en Côte d'Ivoire, ont manifesté lundi matin devant le palais de Justice d'Abidjan, a-t-on appris auprès des organisateurs.

"Cela fait deux ans et demi que nos parents sont détenus sans suites. Certains n'ont jamais vu de juge d'instruction. Il y a encore des arrestations abusives", a dénoncé Désirée Douati, la porte-parole du Collectif des femmes de détenus de la crise postélectorale.

"780 personnes sont détenues abusivement, 500 personnes sont torturées chaque jour", pouvait-on lire sur une pancarte lors du rassemblement.

Questionnée par l'AFP sur ces accusations de tortures, Mlle Douati, fille d'Alphonse Douati, un ministre sous le régime de Laurent Gbagbo libéré en août après une année de détention, a expliqué que certaines personnes arrivaient en prison après avoir subi des "maltraitances physiques", sans plus de précision.

La porte-parole de ce collectif proche de l'opposition pro-Gbagbo a également dénoncé l'"injustice qui règne en Côte d'Ivoire" et la justice "des vainqueurs", "à deux vitesses", pratiquée selon elle dans ce pays.

La manifestation a été dispersée vers 9H30 GMT par les forces de l'ordre, qui ont utilisé du gaz lacrymogène, a affirmé Désirée Douati, ce qui a été confirmé par des témoins.

Le ministère de la Justice ivoirien, contacté par l'AFP, n'a pas encore réagi.

Plus de 3.000 personnes sont mortes entre décembre 2010 et avril 2011, après que Laurent Gbagbo eut refusé la victoire de son rival Alassane Ouattara à l'élection présidentielle de novembre 2010.

Laurent Gbagbo est actuellement emprisonné à La Haye en attente de son procès par la Cour pénale internationale, qui l'accuse de "crimes contre l'humanité".

Sa femme Simone, détenue dans le nord de la Côte d'Ivoire, est poursuivie pour les mêmes faits, tout comme Charles Blé Goudé, son ancien ministre de la Jeunesse, surnommé "le général de la rue" pour la manière dont il haranguait les foules.

Si la justice militaire a condamné deux soldats pro-Ouattara faiblement gradés ces dernières semaines, la société civile critique l'impunité dans laquelle vivent d'anciens chefs de guerre, favorables à l'actuel chef de l'Etat, qui ne sont nullement inquiétés malgré des exactions commises sous leurs ordres.

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