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16/12/2013 10:56 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Chine: un journal appelle à renforcer la "lutte antiterroriste" au Xinjiang

Il faut renforcer les moyens de la police et des services de renseignement chinois dans la région musulmane du Xinjiang, après une opération qui s'est soldée par la mort de 14 "terroristes" et deux policiers, a estimé mardi un journal d'Etat.

"Le Xinjiang doit non seulement avoir la détermination de réprimer les terroristes violents, mais il doit aussi améliorer les moyens de la police sur place pour lui permettre de faire face aux éruptions localisées de violence", a écrit dans un éditorial le journal Global Times.

"En plus de mieux équiper les policiers, il faut mettre davantage de ressources dans l'édification d'un réseau de renseignement", a ajouté le quotidien.

Selon la presse officielle chinoise, des policiers qui étaient à la recherche d'un suspect près de la ville de Kashgar ont été attaqués dimanche par des "terroristes" armés d'explosifs et de couteaux.

Quatorze des assaillants, qui faisaient partie d'un groupuscule fondamentaliste, ont été tués par balle et six autres ont été arrêtés, toujours selon la version officielle. Deux policiers sont morts dans les violences.

Cette version des faits a été rejetée en bloc par Dilshat Rexit, un porte-parole du Congrès mondial ouïghour, organisation en exil de défense des Ouïghours.

Les Ouïghours, musulmans turcophones, forment la première ethnie du Xinjiang, immense région chinoise bordant l'Asie centrale.

Selon Dilshat Rexit, des policiers armés ont fait irruption dans une maison où s'étaient réunis des Ouïghours, tirant sur l'assemblée et tuant 14 Ouïghours, dont deux mineurs.

Le Xinjiang est régulièrement secoué par des troubles en raison des fortes tensions entre Han (ethnie majoritaire en Chine) et Ouïghours. Les autorités accusent invariablement de "terrorisme" les militants ouïghours.

Le Global Times a souligné qu'il était crucial de combler le fossé séparant Han et Ouïghours, facteur clé pour assurer une stabilité à long terme.

"Il faudrait nommer dans divers endroits du Xinjiang des policiers issus des minorités ethniques", a suggéré le quotidien. "Il est nécessaire de convaincre les Ouïghours qu'ils sont des membres respectés de la population chinoise".

Le 28 octobre dernier, Pékin a été le théâtre, selon la police, d'un attentat perpétré par des extrémistes venus du Xinjiang.

Selon la thèse officielle, trois Ouïghours d'une même famille avaient précipité leur voiture chargée de bidons d'essence contre l'entrée de la Cité interdite, dans une attaque-suicide qui avait fait également deux morts et 40 blessés.

Les autorités ont renforcé leur contrôle sur le Xinjiang après ces faits.

seb/jug/mf