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15/12/2013 04:10 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Peter O'Toole, le légendaire "Lawrence d'Arabie"

L'Irlandais Peter O'Toole qui vient de mourir à l'âge de 81 ans, a connu au cinéma comme au théâtre une carrière en dents de scie, marquée par un chef d'oeuvre d'interprétation dans "Lawrence d'Arabie", l'épopée cinématographique de David Lean.

Regard bleu intense et port princier sous la tunique du Chérif de la Mecque, Peter O'Toole a associé pour la postérité son visage au nom de Lawrence, cet officier britannique qui contribua à la révolte arabe contre les Ottomans entre 1916 et 1918.

Né en Irlande le 2 août 1932, élevé à Leeds (nord de l'Angleterre), le jeune Peter quitte l'école à 14 ans avec une idée en tête: devenir grand reporter et écrivain, parcourir le monde sur les traces d'un Jack London.

Sa carrière de journaliste commence au journal Yorkshire Evening News à Leeds, où il fait ses premières armes dans le métier avant de rejoindre la Royal Navy à l'âge de 18 ans.

En 1952, une représentation du "Roi Lear" l'incite à entrer, avec une bourse, à la prestigieuse Académie royale d'Art dramatique à Londres où il découvre le répertoire shakespearien et côtoie Alan Bates, Richard Harris ou Albert Finney. Il devient membre de la prestigieuse Royal Shakespeare Company du Bristol Old Vic (Comté de Gloucestershire), le plus ancien théâtre royal du Royaume-Uni.

Il y joue une soixantaine de pièce dont Othello, Hamlet, Macbeth, Roméo et Juliette, Jules César de William Shakespeare, Volpone de Ben Jonson, Major Barbara de George Bernard Shaw, La Paix du dimanche de John Osborne, etc.

A 26 ans, il triomphe dans le rôle de Shylock du "Marchand de Venise" puis dans celui de Petruccio de "La mégère apprivoisée".

Il fait ses premières apparitions sur le petit écran en 1954, puis au cinéma en 1959 dans "The Savage Innocents". Cette même année, il épouse l'actrice galloise Sian Phillips, qui lui donnera deux filles et dont il divorcera 20 ans plus tard. Il a un fils né d'un second mariage.

En 1962, le réalisateur anglais David Lean lui propose son premier grand rôle, celui de l'aventurier-écrivain Lawrence d'Arabie --qu'a refusé Marlon Brando-- dans une superproduction financée par Hollywood. Peter O'Toole accepte. Son jeu profond et subtil le propulse instantanément au rang de star internationale. Ce rôle lui vaudra une première nomination aux Oscars.

Il continue alors à enchaîner une colossale carrière, multipliant les grands rôles au cinéma comme au théâtre. Dans "Beckett" de Peter Glenvill (1964), il forme avec Richard Burton et John Gielgud un incomparable trio très "british". Il enchaîne ensuite "Lord Jim" de Richard Brooks (1965), "Quoi de neuf Pussycat" de Clive Donner, avec Romy Schneider (1966), "La nuit des généraux" (1967), "Un lion en hiver" (1968).

Dans les années 70, après "Rosebud" d'Otto Preminger, la carrière de Peter O'Toole manque de se noyer dans l'alcool et les problèmes de santé. Ses prestations s'espacent, mais après un traitement médical, il fait un retour remarqué dans "Le Diable en boîte" (1980) puis "My Favorite Year".

Il alterne comédies, drames historiques et films d'horreur, passe de la télévision au cinéma et aux planches, apparaît au générique de "Supergirl" (1984), "Club paradise" (1986), "Le Dernier Empereur" (1987), "Phantoms" (1998), "Bright Young Things" (2003) ou "Troie" (2004).

Nominé huit fois aux Oscars dans la catégorie du meilleur acteur, Peter O'Toole reçoit en 2003 un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

En juillet 2012 quelques semaines avant son 80e anniversaire, cet amateur de cricket, de rugby et de pêche à la mouche, annonce qu'il arrête le cinéma et le théâtre.

doc-fm/jeb