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Le chef de la Constituante appelle à la "réconciliation" en Egypte

Le chef de la commission constituante en Egypte a appelé dimanche à la "réconciliation" entre partisans du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l'armée et les nouvelles autorités, un mois avant un référendum constitutionnel.

Lors d'une conférence de presse au Caire, l'ex-patron de la Ligue arabe Amr Moussa a appelé "les deux parties à montrer leur détermination à s'engager dans une réconciliation sans condition", alors que les manifestations des islamistes sont violemment réprimées depuis l'éviction de M. Morsi le 3 juillet.

Depuis la dispersion mi-août dans un bain de sang de milliers de manifestants pro-Morsi au Caire, plus de 1.000 personnes ont été tuées et des milliers d'islamistes arrêtés.

Les Egyptiens sont appelés à se prononcer les 14 et 15 janvier sur une Loi fondamentale révisée, après la suspension le 3 juillet, au moment de l'éviction de M. Morsi, de la Constitution adoptée sous sa présidence.

Le ministère de l'Intérieur a prévu de déployer 200.000 policiers durant ces deux journées, selon l'agence officielle Mena.

M. Moussa a dit "appeler tous les Egyptiens, dont le parti Liberté et Justice (PLJ, la vitrine politique des Frères musulmans de M. Morsi) et d'autres, à participer pour sortir de cette situation chaotique".

"Ils (les islamistes, ndlr) doivent montrer qu'ils sont déterminés à participer (à la transition) et ils seront plus que bienvenus", a ajouté M. Moussa. Le porte-parole de la commission constituante, Mohammed Salmaoui, a souligné que "la Constitution ne contient aucune mesure prévoyant l'exclusion d'individus ou de partis".

L'armée a promis une "transition démocratique" dont la première étape serait ce référendum. Doivent ensuite suivre à l'été 2014 des élections présidentielle et législatives, dans un ordre qui n'a pas encore été défini.

La commission constituante a rendu début décembre un projet de Loi fondamentale consolidant le pouvoir de la puissante armée et renforçant son poids dans la vie politique. Ce texte autorise notamment les tribunaux militaires à juger des civils, ce qui a suscité l'inquiétude des défenseurs des droits de l'Homme et la contestation des mouvements laïques, fer de lance de la révolte de 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir.

Plusieurs partis et organisations de la société civile ont déjà appelé à voter en faveur du texte mais les islamistes sont divisés sur la question.

Le parti salafiste Al-Nour, qui a soutenu le coup de force contre M. Morsi, appelle à voter pour, tandis que les Frères musulmans de M. Morsi appelaient à rejeter "un référendum truqué sous la répression militaire", sans toutefois préciser s'ils allaient boycotter ou appeler à voter "non".

Selon les experts, le projet constitutionnel devrait être adopté à la majorité mais il est difficile de prévoir la participation et l'écart au vu des profondes divisions dans le pays.

sbh/vl

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