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15/12/2013 08:44 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Frank-Walter Steinmeier un diplomate tout en rondeur aux Affaires étrangères

Cacique du Parti social-démocrate (SPD), Frank-Walter Steinmeier est à nouveau le ministre des Affaires étrangères d'Angela Merkel, poste qu'il a déjà assumé de 2005 à 2009, incarnant une diplomatie pragmatique, soucieuse notamment de bonnes relations avec la Chine et la Russie.

Visage rond ainsi que son caractère, et casque de cheveux blancs, cet homme, âgé de 57 ans (né le 5 janvier 1956) est tout sauf un inconnu sur la scène politique allemande.

Après avoir gravi les échelons politiques grâce à son mentor Gerhard Schröder, chancelier de 1998 à 2005, M. Steinmeier était devenu le ministre des Affaires étrangères de la première grande coalition dirigée par Mme Merkel pendant son premier mandat.

Attaché à la relation franco-allemande, il devrait faire son premier déplacement à l'étranger à Paris, une tradition que son prédécesseur libéral Guido Westerwelle avait rompu en choisissant la Pologne.

Il pourrait aussi donner de nouveaux accents à la relation entre Berlin et Moscou. Il "a toujours pris parti pour une approche pragmatique de la politique russe en demandant de favoriser le dialogue, alors qu'Angela Merkel a eu une politique plus ferme", souligne Claire Demesmay, experte du Conseil allemand des relations internationales (DGAP), un centre de réflexion berlinois.

Au cours d'une relation dans l'ensemble sans accrocs, M. Steinmeier avait une fois ouvertement critiqué la chancelière, pour avoir reçu le dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, au risque de fâcher la Chine, l'un des premiers marchés d'exportation des produits allemands.

"La politique des droits de l'homme n'est pas une politique spectacle", avait lâché le chef de la diplomatie allemande, dans un discours fin 2007. "En tant que chancelière, je décide seule qui je reçois", lui avait sèchement rétorqué Mme Merkel.

Au terme de cette législature, M. Steinmeier n'avait finalement pas réussi à incarner une véritable opposition à la chancelière. Les législatives de 2009, pour lesquelles il était tête de liste du SPD, s'étaient soldées par le pire score jamais enregistré par le parti.

Frank-Walter Steinmeier était toutefois resté l'une des figures de proue du SPD dans l'opposition. A la tête du groupe parlementaire social-démocrate, ce docteur en droit a eu là aussi du mal à se démarquer du gouvernement en place, dont il a constamment soutenu la gestion de la crise de l'euro.

Steinmeier et Merkel "se connaissent et se comprennent, et, sur beaucoup de sujets, ils sont aussi sur la même longueur d'onde", a expliqué à l'AFP Mme Demesmay.

Même si M. Steinmeier "est un professionnel de la politique étrangère", cela "ne va rien changer au fait que les questions européennes en particulier vont continuer à être traitées au niveau de la chancellerie", estime-t-elle.

Très bon connaisseur des dossiers, diplomate, mais souffrant d'un indéniable manque de charisme, Frank-Walter Steinmeier a fait toute sa carrière au sein du SPD, où il est entré à 19 ans, fuyant très longtemps le suffrage universel.

Il a été pendant six ans chef de cabinet de Gerhard Schröder à la chancellerie, et a participé de près à l'élaboration de ses réformes économiques, notamment le fameux Agenda 2010, très controversé au sein du parti pour avoir favorisé l'essor d'une nouvelle pauvreté en Allemagne.

Il est cependant toujours resté l'une des personnalités politiques préférées des allemands. En 2010, il s'était brièvement retiré de la vie politique pour donner un rein à sa femme gravement malade.

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