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15/12/2013 06:33 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Attentat contre un bus à Nairobi: un suspect interrogé, le bilan passe à 6 morts

La police interrogeait dimanche un suspect dans l'enquête sur l'attentat perpétré la veille dans un bus à Nairobi, dont le bilan est passé à six morts et une trentaine de blessés, certains gravement touchés.

"Nous avons perdu deux victimes à l'hôpital, où une trentaine de personnes restent admises", a déclaré le chef de la police de Nairobi, Benson Kibue, "le bilan (...) est désormais de six tués".

"Nous détenons un suspect qui a été arrêté peu après l'attentat. Il nous aide dans l'enquête", a poursuivi M. Kibue. "Nous ne pouvons pas dire à l'heure actuelle qu'il a été directement impliqué dans l'attaque. Il a été appréhendé pour interrogatoire", a-t-il ajouté, appelant "quiconque dispose d'informations" à aider la police.

"Nos hommes continuent leur enquête (...) mais d'après les analyses, il semble que ce soit une bombe artisanale" qui soit à l'origine de l'explosion, a également indiqué M. Kibue.

La police avait indiqué samedi soir chercher à déterminer la nature de l'engin explosif et s'il avait été lancé depuis l'extérieur, déposé dans le bus ou transporté par un passager.

L'explosion, apparemment de forte puissance, a totalement déchiqueté samedi en fin d'après-midi l'arrière du bus de 32 places qui reliait au centre-ville au quartier d'Eastleigh - surnommé "Little Mogadiscio" en raison de sa très forte population somalienne ou kényane d'ethnie somalie.

Elle a également endommagé des véhicules circulant derrière le bus, dans lesquels au moins une personne, a été tuée, selon des témoins.

Cet attentat était le quatrième en cinq jours au Kenya, qui fêtait jeudi le cinquantenaire de son indépendance, sans que des liens particuliers puissent être établis dans l'immédiat entre ces attaques, au mode opératoire et aux cibles différents et dont aucune n'a été revendiquée.

Ces violences ont fait 15 morts au total: six dans l'attentat contre le bus de Nairobi, huit dont cinq policiers dans une embuscade dans l'est, près de la frontière somalienne, et une dans une double explosion sur un marché de Wajir (nord-est) à une centaine de km de la Somalie.

Une grenade a également été lancée sans exploser jeudi, jour du 50e anniversaire de l'indépendance, sur un minibus transportant des touristes à Mombasa, deuxième ville du pays sur la côte. C'est le premier attentat visant directement des touristes depuis la mi-2011.

"Nous tentons de savoir s'il y a un quelconque lien entre ces (...) incidents, mais jusqu'ici nous n'avons pu établir aucune connexion", a expliqué à l'AFP un agent de l'unité anti-terroriste de la police ayant requis l'anonymat.

"Mais nous n'avons aucun doute, d'après nos investigations jusqu'ici, que les shebab sont derrière l'explosion (du bus) et celles de Wajir", a-t-il poursuivi. Un de ses collègues, cité par le quotidien Nation dimanche, a aussi évoqué la piste d'une rivalité entre compagnies de bus dans l'attentat de Nairobi.

Depuis qu'il a envoyé son armée combattre les islamistes shebab en Somalie en octobre 2011, le Kenya a été le théâtre d'attaques récurrentes, particulièrement dans sa partie Est, qui longe sur 700 km la frontière somalienne, mais aussi à Nairobi et Mombasa.

Les shebab avaient revendiqué l'assaut mené par un commando islamiste mi-septembre contre le centre commercial Westgate de Nairobi qui avait 67 morts et une vingtaine de disparus. Si l'essentiel des autres attaques - de bien moindre ampleur - n'ont pas été revendiquées, les autorités les attribuent souvent aux shebab ou leurs sympathisants.

Dans l'est du pays, où les armes pullulent, il est parfois difficile de savoir ce qui relève de la contagion somalienne ou des conflits locaux - autour des pâturages, de l'eau ou du bétail - parfois très meurtriers.

Eastleigh était calme dimanche et la présence policière conforme à la normale. Samedi soir, la police avait dispersé une foule en colère qui s'était rassemblée près du lieu de l'attentat dans le quartier de Pangani, voisin d'Eastleigh.

En novembre 2012, un attentat similaire contre un bus à Eastleigh, y avait déclenché de violents affrontements entre communautés somalie - accusés d'être favorables aux shebab - et non somalies.

Aucun déploiement particulier n'était signalé dans le reste de la capitale, notamment aux abords des églises, en ce jour de service dominical. Des vigiles fouillaient les fidèles à l'entrée, comme c'est l'habitude depuis bientôt deux ans et une vague d'attaque contre des églises kényanes.

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