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14/12/2013 07:43 EST | Actualisé 13/02/2014 05:12 EST

Ukraine: l'opposition obtient une enquête sur 4 dirigeants et 2 suspensions

KIEV, Ukraine - Les autorités ukrainiennes ont tenté d'apaiser la colère antigouvernement qui fait rage à Kiev depuis plusieurs semaines, en accédant à l'une des demandes de l'opposition, samedi, d'ouvrir une enquête sur quatre hauts dirigeants et de suspendre deux d'entre eux.

Or, selon l'opposition, il ne s'agit là que d'une demi-mesure et cela ne suffira pas à calmer les quelque 100 000 manifestants qui réclament la démission du gouvernement et du président.

Samedi soir, un groupe rock ukrainien très connu, Okean Elzy, s'est produit devant la foule. Le groupe a dédié le concert à tous ceux qui ont été arrêtés et blessés dans les manifestations.

Une répression policière brutale, le 30 novembre, n'avait fait que galvaniser encore davantage les contestataires qui exigent du président Viktor Ianoukovitch qu'il déclenche des élections anticipées depuis qu'il a refusé, fin novembre, de signer un accord qui aurait renforcé les liens économiques de l'ancienne république soviétique avec l'Union européenne, choisissant plutôt de se rapprocher de Moscou.

Le sous-secrétaire du conseil national de sécurité, le directeur de l'administration de la ville de Kiev, l'ancien chef de police de Kiev et son adjoint font tous l'objet d'une enquête. Ils sont soupçonnés d'abus de pouvoir dans la répression des manifestants.

Peu de temps après cette annonce, le président Ianoukovitch a précisé que le directeur de l'administration municipale, Oleksandr Popov, et le sous-secrétaire au conseil national de sécurité, Volodymyr Syvkovych, seront suspendus pendant toute la durée de l'enquête. L'opposition a toutefois affirmé qu'elle ne serait satisfaite que lorsque tout le Cabinet aura démissionné, y compris le ministre de l'Intérieur, Vitali Zakharchenko, qu'ils croient responsables du raid du 30 novembre.

«Nous avons forcé M. Ianoukovitch à faire des concessions», a affirmé le chef de l'opposition Arseniy Iatseniouk à la foule.

«Les licenciements d'aujourd'hui ne sont que la première étape pour punir les responsables de la violence.»

Le parti Oudar, dirigé par le champion boxeur Vitali Klitschko, s'est rangé avec lui.

«Chacune des personnes nommées a ses propres patrons qui ne pouvaient pas ignorer ces crimes», a-t-il dit dans une déclaration.

Par ailleurs, des dizaines de milliers de partisans du gouvernement se sont rassemblés au centre de Kiev en réponse à une énième manifestation de l'opposition, samedi. Les deux rassemblements se sont déroulés dans le calme bien que l'atmosphère ait été tendue en raison de la présence de policiers anti-émeute.

Des Ukrainiens progouvernement ont admis avoir été payés pour prendre part au rassemblement. Un mineur de l'est de l'Ukraine, Oleh Koloburda, a dit avoir reçu 25 $ en plus d'avoir été transporté par autobus jusqu'au centre-ville.

«Je crois en Ianoukovitch avec toute la force de mon âme. Nous l'avons choisi, et il est l'un de nous», a-t-il soutenu.

Le sénateur américain John McCain s'est rendu à Kiev samedi, pour rencontrer le gouvernement et les représentants de l'opposition pour offrir la médiation de l'Occident dans la crise.

Des dizaines de milliers de manifestants était encore sur la Place de l'Indépendance, samedi soir.