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14/12/2013 04:45 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Le Premier ministre français en Algérie pour cultiver une relation "apaisée"

Un an après François Hollande, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault effectue à son tour lundi et mardi une visite officielle en Algérie destinée à cultiver une relation "apaisée" dont le volet économique est toutefois soumis à une concurrence grandissante.

Après la Chine la semaine dernière, le chef du gouvernement français, qui sera accompagné de neuf ministres, effectue un nouveau déplacement à haute teneur économique. Il sera à Alger lundi, avant de se rendre à Oran le lendemain.

"Le président de la République a effectué une visite en décembre 2012 qui a permis de relancer les relations, il avait prononcé des discours importants sur la volonté de la France d'avoir une relation apaisée avec Alger", rappelle un conseiller de M. Ayrault.

La visite de M. Hollande avait notamment débouché sur l'installation d'un "mécanisme de suivi, l'instance gouvernementale de haut-niveau qui est présidée par les deux Premiers ministres" algérien et français. Le déplacement de M. Ayrault va ainsi permettre de réunir pour la première fois cette "instance", explique-t-on à Matignon.

Le chef du gouvernement débutera son déplacement par une halte au Monument du Martyr, érigé en mémoire des combattants algériens tombés pour l'indépendance du pays. Mais le reste de la visite sera clairement axé sur les échanges économiques entre les deux pays.

Quatrième client de l'Algérie, essentiellement en hydrocarbures, la France reste son premier fournisseur (12,8% de part de marché en 2012). Mais "il y a un effritement constant depuis dix ans", admet Matignon, du fait de la "concurrence d'autres pays comme l'Espagne et la Chine". Ce dernier pays pourrait même ravir dans les prochains mois à la France cette place de premier fournisseur.

Au premier semestre 2013, l'excédent commercial français s'est ainsi élevé à 670 millions d'euros, contre 2,5 milliards d'euros en 2012.

M. Ayrault clôturera lundi un Forum économique à Alger qui réunira 400 chefs d'entreprises des deux pays et visitera également une usine Renault, censée illustrer la philosophie du "co-développement industriel" entre Paris et Alger, un partenariat présenté comme "gagnant-gagnant".

La venue de M. Ayrault doit par ailleurs faire avancer d'autres volets comme la mobilité d'un pays à l'autre. Des "efforts" ont été faits, souligne Paris, dans la délivrance de visas. 250.000 ont été accordés en 2013, contre 210.000 l'an dernier, pour un taux d'acceptation d'environ 75%.

M. Ayrault devrait être reçu par le président Abdelaziz Bouteflika mais la rencontre reste à confirmer. Il est aussi attendu par des ONG qui lui demandent d'aborder la question des droits de l'Homme avec les autorités algériennes, en particulier "les violations récurrentes des libertés syndicales, de réunion et d'association en Algérie".

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