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14/12/2013 04:37 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

John Kerry, vétéran de guerre, en visite officielle au Vietnam

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé samedi au Vietnam pour sa première visite en tant que chef de la diplomatie dans le pays communiste où il a combattu pendant la guerre à la fin des années 1960.

Son déplacement au Vietnam, puis aux Philippines, s'inscrit dans la stratégie de rééquilibrage de la politique extérieure américaine vers la zone Asie-Pacifique, promue par le président Barack Obama.

John Kerry, catholique pratiquant, a atterri à Ho Chi Minh-Ville, la capitale économique du Vietnam (sud), où il a assisté à une messe en la cathédrale Notre-Dame de Saïgon, un geste fort en direction des autorités accusées d'entrave aux libertés religieuses.

Il devait aussi prononcer un discours devant un parterre d'hommes d'affaires américains et vietnamiens à la Chambre de commerce américaine.

Dans l'ancienne Saïgon tombée en avril 1975 aux mains du Nord-Vietnam communiste, John Kerry soulignera "la croissance (des) échanges commerciaux" entre les deux pays depuis la normalisation de leurs relations il y a deux décennies, selon le département d'Etat.

Des parlementaires américains et l'ONG Human Rights Watch, basée à New York, lui ont demandé d'aborder la question des droits de l'Homme, suggérant de conditionner aux progrès dans ce domaine la participation du Vietnam au Partenariat trans-Pacifique (TPP), zone de libre-échange à douze pays d'Asie-Pacifique.

La guerre du Vietnam, une "erreur"

John Kerry s'était rendu pour la dernière fois dans le pays communiste en 2000, alors qu'il était sénateur, avec le président Bill Clinton.

Depuis son entrée en fonction en février, il projetait de revenir au Vietnam où son expérience de la guerre (1956-1975) a fondé son engagement politique.

Il a servi à la fin des années 1960 dans le delta du Mékong. Il a été plusieurs fois blessé et décoré.

Il n'a que 27 ans en avril 1971 lorsqu'il témoigne devant le Sénat pour le convaincre que les Etats-Unis n'ont rien à faire au Vietnam. "Comment pouvez-vous demander à un homme d'être le dernier à mourir au Vietnam, (...) d'être le dernier à mourir pour une erreur?", lance-t-il alors.

Kerry reviendra pour la première fois à Hanoi en 1991 en tant que membre du Congrès et du comité des prisonniers de guerre et disparus en mission (POW/MIA).

Il doit également se rendre sur le delta du Mékong afin de montrer comment "Américains et Vietnamiens peuvent collaborer sur des dossiers fondamentaux tels que le réchauffement climatique".

"Une Chine de plus en plus agressive"

Après des entretiens à Hanoï avec le Premier ministre Nguyen Tan Dung et son homologue Pham Binh Minh, M. Kerry se rendra aux Philippines.

Il visitera Tacloban, dans le centre de l'archipel ravagé par le typhon Haiyan le 8 novembre, pour "voir de première main les efforts de reconstruction" auxquels les Etats-Unis, alliés des Philippines, ont largement contribué financièrement.

Le typhon Hayian a fait plus de 6.000 morts et 2.000 disparus.

"Dans le contexte du rééquilibrage vers l'Asie-Pacifique, l'Asie du Sud-Est revêt une importance particulière et le voyage du secrétaire d'Etat au Vietnam et aux Philippines vise à démontrer que l'engagement des Etats-Unis y est durable", a expliqué le département d'Etat.

Les tensions sont vives dans la région entre la Chine et ses voisins, dont le Vietnam et les Philippines, qui lui contestent la souveraineté d'îlots et de zones maritimes en mer de Chine.

Barack Obama devait participer en octobre au sommet de l'Apec (Asie-Pacifique) à Bali puis à celui de l'Asean (Asie du Sud-Est) et de l'Asie de l'Est à Brunei, mais il avait dû annuler pour cause de crise budgétaire à Washington.

La visite de Kerry est une opportunité pour "compenser" l'absence d'Obama à ces sommets dans une région "déstabilisée par l'attitude de plus en plus agressive de la Chine", estime Jonathan London, spécialiste de l'Asie à la City University de Hong Kong.

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