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14/12/2013 07:01 EST | Actualisé 13/02/2014 05:12 EST

Dette: la RDC présente une faible sécurité de remboursement (S&P)

La République démocratique du Congo ne présente à long terme qu'une assez faible sécurité de remboursement sur sa dette publique, selon un communiqué de l'agence de notation financière américaine Standard and Poor's disponible en ligne samedi.

C'est ce que traduit la note "B-" attribuée par l'agence à la dette à long terme de ce pays libellée en devises étrangères.

"Le faible niveau de l'endettement public et la croissance économique rapide" du pays jouent en sa faveur, mais "de forts déséquilibres extérieurs, une mauvaise gestion de la dette et l'instabilité politique pèsent" sur la note du pays, écrit S&P.

L'évaluation de la solidité financière de la RDC a été faite à la demande du gouvernement congolais, qui cherche des moyens de financement pour développer le pays.

Début septembre, l'agence Moody's avait attribué à la RDC la note "B3", équivalente au "B-" de S&P.

Grande comme cinq fois la France, et dotée d'un sous-sol aux ressources minières considérables, mais aussi d'un potentiel agricole et hydraulique très fort, la RDC est le dernier pays au classement de l'indice du développement humain publié par l'ONU?

Saignée par trente ans de kleptocratie sous la dictature de Joseph Mobutu puis par deux guerres, la RDC a vu son PIB par habitant chuter sans discontinuer, de son indépendance de la Belgique en 1960 jusqu'à 2000.

Depuis cette date, les choses s'améliorent progressivement, mais l'Etat reste faible, encore incapable d'asseoir son autorité sur des pans entiers de territoire contrôlés par des milices dans l'Est, et le pays traverse une crise politique depuis la réélection contestée du président Joseph Kabila en 2011.

La RDC a bénéficié d'une remise de dette de ses principaux créanciers internationaux. Selon le Fonds monétaire international (FMI), cela a permis au pays de ramener le ratio de la dette publique au PIB de 146% en 2009 à 46,0% en 2010, et l'endettement de l'Etat s'élevait à 6 milliards de dollars environ fin 2012.

S&P prévoit que, grâce à une croissance économique forte (le gouvernement table sur 8,7% en 2014 après 7,8% en 2013), et un budget globalement à l'équilibre au fil des ans, le ratio de la dette au PIB devrait décroître jusqu'à 15,1% en 2016, quand le FMI le voit à 36% à cette date-là.

mj/jmc