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14/12/2013 06:30 EST | Actualisé 13/02/2014 05:12 EST

Des tribus du Yémen réclament des excuses pour les civils tués par des drones

Des proches de civils tués cette semaine par une frappe controversée de drone au Yémen ont réclamé des excuses et une compensation, menaçant de manifester, a indiqué un responsable local samedi.

La Haute commission de la sécurité du Yémen a affirmé tard vendredi que le raid aérien ayant tué 17 personnes jeudi, principalement des civils, près de Rada dans la province de Baïda (centre) visait des membres présumés d'Al-Qaïda.

Des médiateurs issus des tribus se sont dirigés vers Sanaa samedi, après être parvenus la veille à calmer des manifestants ayant coupé la route entre Rada et Sanaa, pendant les funérailles de 13 membres d'une même famille, présentés comme étant tous des civils, a indiqué ce responsable.

"Leur première exigence est une fin des frappes. Ils veulent aussi une compensation financière et morale", a déclaré le responsable.

La Commission de sécurité, dirigée par le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, a affirmé que la frappe controversée menée jeudi visait "une voiture appartenant à un des dirigeants d'Al-Qaïda".

"A bord du véhicule (...) il y avait de haut dirigeants ayant organisé plusieurs attaques terroristes contre les forces armées, la police, des civils et des infrastructures gouvernementales vitales", a indiqué la Commission dans un communiqué publié par l'agence de presse officielle Saba.

Ce communiqué ne donne pas de bilan pour la frappe, pas plus qu'il n'évoque des victimes civiles ou ne reconnaît qu'elle a été menée par un drone américain.

Selon des témoins et des sources au sein des services de sécurité, les deux missiles tirés par un drone ont touché un cortège nuptial, tuant principalement des civils.

Samedi, le responsable local a indiqué que les manifestants n'ont accepté d'enterrer les morts qu'une fois obtenue la promesse qu'un comité tribal mènerait une médiation avec les autorités de Sanaa.

Les Etats-Unis sont le seul pays à disposer de drones dans la région, qui ont été utilisés de façon particulièrement intense cette année pour soutenir la lutte des autorités de Sanaa contre Al-Qaïda, tuant des dizaines d'insurgés.

Des organisations ont réclamé la fin des raids menés par des drones, estimant qu'ils font de nombreuses victimes civiles. L'ONG Amnesty International a ainsi souligné que la confusion autour des auteurs du raid de jeudi "révèle un sérieux manque de capacité à rendre des comptes concernant des dizaines de civils tués dans le pays".

"Même s'il s'avère que dans ce cas, ils ont été tués en raison d'une erreur d'identification ou de renseignements peu fiables, ceux qui sont responsables de cet acte doivent reconnaître leur erreur et dire honnêtement ce qui s'est passé" a souligné Philip Luther, directeur d'Amnesty pour le Moyen Orient.

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