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14/12/2013 01:02 EST | Actualisé 13/02/2014 05:12 EST

Centrafrique: le président de transition se dit "prêt à discuter" avec les milices chrétiennes (RFI)

Le président centrafricain de transition Michel Djotodia s'est déclaré prêt samedi à "tendre la main" aux milices chrétiennes, dites "anti-balaka", et "à discuter" notamment de leur amnistie et de leur représentation dans le gouvernement.

Dans un entretien à Radio France internationale (RFI), Michel Djotodia assure que ces miliciens, qui ont pris les armes contre les ex-rebelles majoritairement musulmans de la Séléka qui l'ont porté au pouvoir, "ne sont pas des ennemis". "Ce sont nos frères", affirme-t-il.

"Je suis prêt à discuter non seulement avec les +anti-balaka+ (anti-machette) mais aussi avec tous ceux qui sont épris de justice et de paix, je suis prêt à tendre la main", a ajouté M. Djotodia, devenu à la faveur de la rébellion le premier président musulman de Centrafrique, pays très majoritairement chrétien.

"Je vais demander à tous les +anti-balaka+ de sortir, et (dis) qu'ils ne seront jamais inquiétés", a affirmé M. Djotodia, qui s'est engagé à "prendre des mesures pour pouvoir libérer certains" qui ont été arrêtés.

Selon le président centrafricain de transition, les milices chrétiennes, composées notamment de partisans de l'ancien président François Bozizé, renversé en mars, ont posé "quelques préalables" à des discussions et, a-t-il assuré, "nous sommes prêts à accéder à certains de ces préalables".

Il a ainsi indiqué que les "anti-balaka" exigeaient des garanties de "sécurité" ainsi qu'une "aministie".

Par ailleurs, a ajouté le président de transition, "ils se disent lésés, qu'il n'y a pas assez de leur ethnie dans le gouvernement, ils veulent que les Gbayas (ethnie de l'ex-président Bozizé, originaire de l'ouest du pays ndlr) soient représentés dans le gouvernement".

Pour M. Djotodia, "ce point précis doit faire l'objet de débats parce que l'ancien régime a envoyé deux de ses représentants dans le gouvernement" de transition, dit-il.

"Nous allons continuer les discussions avec eux", a-t-il assuré.

Le 5 décembre, les milices d'autodéfense chrétiennes, jusque-là surtout actives dans l'ouest du pays, ont lancé une offensive dans Bangui contre des positions de l'ex-rébellion Séléka et des quartiers musulmans. Cette attaque a entraîné les représailles sanglantes des combattants Séléka sur les populations très majoritairement chrétiennes de la capitale.

Ces violences avaient précipité l'intervention militaire de la France, lancée le soir-même après un feu vert de l'ONU, et qui mobilise près de 1.600 hommes déployés pour l'essentiel à Bangui.

Selon l'ONU, les tueries entre chrétiens et musulmans ont fait "plus de 600 morts" en une semaine et 160.000 déplacés rien qu'à Bangui, selon l'ONU.

alc/sd