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13/12/2013 03:02 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Valcourt demande aux chefs autochtones de reconsidérer sa réforme de l'éducation

OTTAWA - Le gouvernement fédéral affirme être prêt à négocier des améliorations à sa réforme de l'éducation des élèves issus des Premières Nations et a laissé tomber la date limite pour l'adoption du projet de loi, prévue en 2014.

Le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, a écrit une lettre ouverte au ton conciliant à l'Assemblée des Premières Nations, affirmant que le gouvernement accepte les conditions établies le mois dernier par le chef Shawn Atleo, qui menaçaient d'entraver le processus d'adoption de la réforme.

Dans sa lettre, le ministre presse les leaders autochtones de reconsidérer le projet de loi sur l'éducation qui donnerait aux communautés des Premières Nations plus de contrôle dans ce domaine.

«Le gouvernement du Canada est d'accord avec le fait que les peuples des Premières Nations doivent avoir plus de contrôle sur leur éducation. La proposition que je fais vise à donner du pouvoir à ceux qui savent le mieux ce dont ont besoin leurs enfants — parents, communautés et administrateurs des Premières Nations — pour déterminer ce qui est le plus efficace pour les mener au succès», a-t-il écrit.

La lettre a été écrite en réponse à une missive datée du 25 novembre de M. Atleo, dans laquelle il établissait cinq conditions nécessaires pour accepter la réforme.

M. Atleo a affirmé que toute entente devrait donner aux leaders autochtones le contrôle de l'éducation, comporter une garantie de financement obligatoire, reconnaître les cultures et les langues autochtones, permettre une supervision partagée et assurer un engagement continu et pertinent.

Il n'y aura aucun compromis sur ces principes, a-t-il ajouté.

«Le contrôle des Premières Nations sur l'éducation de nos enfants doit être le principe premier, suprême de notre travail.»

M. Valcourt affirme que le plan du gouvernement répond déjà à ces cinq conditions, en plus de s'attaquer à des enjeux soulevés en 2011 dans un rapport du vérificateur général.

«Une nouvelle source de financement sera disponible si la réforme est adoptée», a-t-il écrit.

Mais il a soutenu que le gouvernement était ouvert à négocier, laissant croire à une certaine flexibilité dans les détails du projet de loi.

«Le processus de consultation n'est pas terminé et il n'y a pas de date limite. Nous n'en sommes qu'à notre première version d'un projet de loi», a écrit le ministre.

La loi prévoirait une évaluation complète après cinq ans, ce qui permettrait alors de la raffiner.

M. Atleo a publié une réponse prudente, affirmant que la lettre de M. Valcourt était importante et qu'il prenait bonne note de l'ouverture du gouvernement à discuter.

«Nous allons réviser attentivement la lettre du ministre et nous établirons les prochaines étapes par le dialogue avec les Premières Nations», a dit M. Atleo.

La lettre de M. Valcourt souligne que les chefs autochtones ont demandé à M. Atleo et à l'Assemblée des Premières Nations de continuer à collaborer avec le gouvernement.

Les taux de diplomation des enfants autochtones sont bien en-deçà de ceux des élèves non autochtones, ce qui constitue un sérieux handicap à la prospérité des peuples des Premières Nations. Toutes les parties s'entendent pour dire qu'il faut remédier à ce problème de longue date.

Le ministre Valcourt croit que la situation peut se résorber, prenant exemple sur le taux de diplomation des Micmacs de la Nouvelle-Écosse, qui présentent un taux doublement supérieur à celui du pays. «Notre défi est de faire de ce succès la norme et non l'exception», a-t-il écrit.

Les deux parties semblent être sur la même longueur d'ondes quant aux chances de succès du processus par le dialogue et la collaboration.