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13/12/2013 02:42 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

USA: pas de changement majeur dans les programmes de surveillance de la NSA (presse)

La présidence américaine n'envisagerait pas de changement majeur dans les programmes de surveillance controversés de l'agence de renseignement NSA, selon la presse américaine, et son directeur continuera de chapeauter à la fois les interceptions de communications et la défense du cyberspace.

La Maison Blanche a décidé de ne pas scinder la direction de la NSA, chargée d'une part de l'interception des communications et d'autre part de la défense du cyberespace, a affirmé vendredi une porte-parole de la présidence.

Cette possibilité avait été envisagée à la suite des révélations de l'ancien consultant de la NSA, Edward Snowden, sur l'ampleur des programmes de surveillance de l'agence et à la faveur de la retraite annoncée de son patron, le général Keith Alexander.

"L'administration a décidé de garder communs les postes de directeur de la NSA et de patron du Cyber Command. Cette double casquette est l'approche la plus efficace pour accomplir les missions des deux agences", affirme dans un communiqué Caitlin Hayden, porte-parole de la Maison Blanche.

Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une réflexion sur les moyens de mieux encadrer les programmes de surveillance de la NSA, en y introduisant davantage de transparence tout en préservant leur efficacité.

Les conclusions de cette réflexion doivent être remises à la Maison Blanche d'ici dimanche et la presse américaine laissait entendre vendredi que la présidence n'envisagerait pas de changement majeur dans l'architecture actuelle.

Le New York Times a notamment rapporté qu'une des recommandations serait de rendre public de nouvelles mesures de protection de la vie privée pour les ressortissants étrangers quand leurs conversations téléphoniques ou sur internet sont collectées par la NSA.

Une autre prévoirait que la Maison Blanche supervise directement la liste des dirigeants étrangers dont les communications sont surveillées, après le scandale déclenché par l'écoute du téléphone portable de la chancelière allemande.

Le Wall Street Journal a de son côté affirmé que l'étude prévoirait que les données provenant de la surveillance massive des métadonnées téléphoniques (durée des appels, numéros appelés) soient conservées par les opérateurs téléphoniques, et non par la NSA.

Caitlin Hayden s'est refusé à tout commentaire sur ce point, arguant que l'étude n'avait pas encore été soumise à la Maison Blanche.

Les pistes dévoilées dans la presse ne satisfont pas les organisations de défense des libertés individuelles, vent debout contre les programmes de surveillance de la NSA.

"Tout ce qui ne met pas fin à la surveillance de masse, sans suspicion (préalable) des Américains n'est pas acceptable", affirme l'Union américaine de défense des libertés civiles (Aclu) dans un communiqué, tout en appelant le Congrès à agir.

S'agissant d'une division des rôles entre la NSA et le Cyber Command, l'hypothèse avait provoqué de vives résistances, notamment au sein du Pentagone, qui mettait en avant les économies que permet cette double casquette.

Tandis que la mission de la NSA est d'espionner les communications, qui passent de plus en plus par internet, celle du Cyber Command, créé en 2009, est de protéger les réseaux militaires des attaques informatiques et de mener lui-même ce type d'attaques.

Selon Mme Hayden, la NSA joue "un rôle unique" en soutien du Cyber Command, notamment par ses moyens en cryptologie, linguistiques et son infrastructure technique. Cela "permet une réponse plus coordonnée et rapide pour faire face aux menaces dans le cyberespace", justifie-t-elle.

Sans la double casquette de son directeur, il faudrait créer de nouvelles procédures et des moyens propres à chaque organisation qui seraient redondants, selon elle.

Le poste sera de nouveau attribué à un militaire après le départ en retraite du général Alexander, en poste depuis 2005, selon un haut responsable de l'administration.

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