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13/12/2013 10:46 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Tollé après la diffusion d'un chant antisémite par la télé publique roumaine

Une polémique a éclaté cette semaine en Roumanie après la diffusion par la télévision publique d'un chant de Noël antisémite suscitant de fermes condamnations internationales.

L'Institut Elie Wiesel de recherche sur l'Holocauste, basé à Bucarest, a exprimé sa "profonde désapprobation" après la diffusion par la télévision publique TVR d'un chant de Noël "porteur d'un message antisémite d'une rare gravité et vulgarité" lors du lancement de sa nouvelle chaîne TVR3.

Ce chant, vieux d'une centaine d'année, fait référence à l'extermination des juifs par le feu.

Les ambassades des Etats-Unis et d'Israël, le ministère roumain des Affaires étrangères ainsi que les organisations juives ont condamné vigoureusement ce programme tandis que l'Eglise orthodoxe a souligné "que les chants de Noël orthodoxes ne peuvent pas être utilisés pour répandre la haine entre les gens".

"L'Eglise désapprouve les manifestations d'antisémitisme", a ajouté la patriarchie. Et le Conseil de l'audiovisuel a infligé une amende d'environ 12.000 euros à la TVR.

Une autre polémique dans ce contexte a éclaté en Roumanie quand le Parti social-démocrate (PSD) au pouvoir a proposé comme juge à la Cour Constitutionnelle l'ancien vice-président du parti d'extrême droite Grande Roumanie, Lucian Bolcas.

"M. Bolcas a partagé les idées racistes et antisémites de son mentor, le président du Parti de la Grande Roumanie", a déploré dans un communiqué le Centre pour la lutte contre l'antisémitisme (MCA) en demandant au PSD de reconsidérer son choix.

Le Premier ministre Victor Ponta et chef de file du PSD a toutefois indiqué vendredi que son parti maintenait sa position de proposer M. Bolcas.

Le président de l'Institut Elie Wiesel, Alexandru Florian, a indiqué au site HotNews que M. Bolcas "se situe à la marge des discours et valeurs démocratiques (...) après avoir promu des messages positifs sur les criminels de guerre" de la Seconde Guerre mondiale.

Le régime du maréchal roumain pro-nazi Ion Antonescu avait provoqué la mort de 280.000 à 380.000 Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, selon le rapport d'une commission internationale d'historiens dirigée par le Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel.

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