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13/12/2013 08:24 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Plus de 100 000 personnes se déplacent pour rendre un dernier hommage à Mandela

PRETORIA, Afrique du Sud - Quelque 100 000 Sud-Africains endeuillés se sont présentés au siège du gouvernement à Pretoria vendredi dans l'espoir de se recueillir devant le cercueil de l'ancien président Nelson Mandela, dont la dépouille était exposée en chapelle ardente pour une troisième et dernière journée.

Mais le tiers d'entre eux environ ont refoulé des larmes de frustration, forcés de rebrousser chemin en raison d'une file d'attente trop longue. Le cercueil de Nelson Mandela a été transporté en fin d'après-midi du siège gouvernement et de la présidence jusqu'à un hôpital militaire de Pretoria, la capitale de l'Afrique du Sud.

Samedi, le père de la «nation arc-en-ciel», véritable icône de la lutte contre l'apartheid, sera transporté par avion jusqu'à Qunu, le village où il a passé son enfance. Ses obsèques seront célébrées dimanche.

Des centaines de personnes ont salué le cortège et certains ont entonné des chants lorsque le véhicule transportant la dépouille a quitté le siège du gouvernement pour une dernière fois, vendredi soir.

«C'est incroyable, nous n'aurions pas pu demander une meilleure fin. C'est un honneur de pouvoir lui dire adieu comme il se doit. Nous sommes en deuil mais je suis reconnaissante, il a changé ma vie», a raconté Keneilwe Mohapi, une jeune femme de 27 ans.

Ils avaient été nombreux à patienter sous un soleil de plomb pendant quatre, voire cinq heures, vendredi, la file d'attente zigzagant à travers un terrain vague jusqu'à des navettes qui transporteraient ensuite les plus chanceux vers l'édifice.

«J'ai l'impression d'avoir raté l'occasion d'une vie. Je suis frustré parce que j'étais vraiment sur le point d'entrer», a de son côté déploré un étudiant de 22 ans, Caiphus Ramushun.

«J'ai fait la queue pendant huit heures et je me suis fait refuser l'accès.»

Le gouvernement sud-africain avait expliqué que le cercueil ne pourrait plus être exposé après 17 h puisque la famille du disparu a demandé à ce que sa dépouille ne soit pas transportée après la tombée du jour.

Selon Mme Williams, 70 000 Sud-Africains ont pu faire leurs adieux à Nelson Mandela pendant la journée de vendredi.

Les autorités ont toutefois été débordées par l'affluence de vendredi et n'ont pu déplacer suffisamment rapidement les personnes des contrôles de sécurité aux navettes devant les transporter jusqu'au bâtiment où était exposé l'ancien président.

Des responsables ont distribué de l'eau et se sont assurés de faire passer les personnes âgées et les femmes avec de jeunes enfants en priorité pour leur éviter une attente interminable.

Peu de temps avant que le cercueil du disparu ne soit déplacé, une foule de plusieurs centaines de Sud-Africains désireux de voir la dépouille de l'ex-président ont enjambé les barrières de sécurité et couru vers l'édifice du siège gouvernemental.

Selon un reporter de l'Associated Press, la police les a poursuivi sur plusieurs centaines de mètres avant d'être en mesure de leur bloquer la route. Aucune violence n'a éclaté lorsque les agents les ont ramené derrière le cordon de sécurité.

Nelson Mandela, qui a passé 27 ans de sa vie en prison avant d'être élu premier président noir de l'Afrique du Sud, s'est éteint le 5 décembre dans sa résidence de Johannesburg à l'âge de 95 ans. Son corps sera transporté samedi de Pretoria jusqu'à Qunu, un village du sud-est du pays où il a grandi. Il y sera enterré dimanche lors d'une cérémonie à laquelle doivent assister, entre autres, le prince Charles, des leaders africains et l'animatrice Oprah Winfrey.