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13/12/2013 04:47 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Omar Khadr dit qu'il a plaidé coupable pour pouvoir rentrer au Canada un jour

TORONTO, Cananda - Si l'ancien prisonnier de Guantanamo Omar Khadr a plaidé coupable à cinq chefs d'accusation de crimes de guerre aux États-Unis, c'est qu'il était «placé devant un choix désespéré», a-t-il expliqué pour la première fois.

Dans un nouveau document de la cour obtenu par La Presse Canadienne, Omar Khadr affirme qu'il savait que les Américains auraient pu le détenir indéfiniment, même dans le cas improbable d'un acquittement.

Il était «placé devant un choix désespéré», dit-il dans la déclaration sous serment. S'il voulait un jour rentrer au Canada, il n'avait d'autre choix que d'être déclaré coupable par le gouvernement américain pour finalement purger sa peine au Canada.

La déclaration, déposée en Cour fédérale, s'inscrit dans le cadre d'une poursuite de 20 millions $ intentée par Omar Khadr contre le gouvernement canadien pour violation de ses droits.

Sans l'accord de plaidoyer qu'il a signé en octobre 2010, Omar Khadr affirme qu'il aurait risqué l'emprisonnement à vie et «la torture et l'abus constants» à la prison militaire de Guantanamo.

Tous les termes de cette entente ont été décidés par le gouvernement américain, dit-il.

Le détenu affirme aussi que, contrairement à ce que suggèrent les faits qu'il a acceptés dans son plaidoyer, il n'a jamais cru que les juifs ou les Américains devraient être abattus ou méritaient de mourir. Il soutient aussi qu'il n'a jamais accepté de se joindre à une cellule terroriste d'Al-Qaïda.

«Toute participation à des activités liées à Al-Qaïda était faite à la demande des adultes qui m'entouraient», dit-il dans la déclaration.

Il ajoute qu'une partie du dossier américain déposé contre lui était fondée sur des preuves fournies par des responsables du renseignement canadien, qui l'ont interviewé à la base navale américaine.

Les Américains ont arrêté Omar Khadr à l'âge de 15 ans en Afghanistan, alors qu'il avait été grièvement blessé dans un combat qui a duré quatre heures, en juillet 2002. Un soldat américain des forces spéciales avait été tué durant cette bataille.

Omar Khadr soutient n'avoir aucun souvenir de cet affrontement ni de la grenade qui a tué le sergent Christopher Speer.

Il insiste aussi sur le fait qu'il ne planifiait tuer aucun soldat et qu'il n'a attaqué aucun des soldats américains qui sont entrés dans le bâtiment après la fin de l'affrontement.

Toutefois, estime-t-il, sa version des faits l'aurait empêché de conclure un accord sur le plaidoyer, ce qui a eu pour conséquence de lui donner huit ans de plus à purger derrière les barreaux.

Il a été transféré au Canada en septembre 2012 pour purger le reste de sa peine. Aujourd'hui âgé de 27 ans, il est présentement détenu dans une prison à sécurité maximale d'Edmonton. Le gouvernement fédéral l'a dépeint à répétition comme un terroriste sans remords.

Omar Khadr fait aussi appel de sa condamnation aux États-Unis.