NOUVELLES
13/12/2013 03:11 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Malawi: un mouvement catholique accuse la présidente de détournement de fonds

Un groupe catholique de défense des droits de l'Homme malawite a accusé vendredi la présidente Joyce Banda de faire "partie intégrante" d'une vaste affaire de détournement d'argent public qui a ébranlé le gouvernement.

"Nous avons des preuves concrètes et nous voulons dire la vérité aux Malawites car seule la vérité nous rendra libres", a déclaré à l'AFP Peter Chinoko, chef de la Commission catholique pour la justice et la paix à Lilongwe.

Selon M. Chinoko, l'Eglise a reçu beaucoup d'informations de "sympathisants sur l'implication de la présidente, qui était partie intégrante du scandale".

Ces informations ont été transmises à une commission parlementaire chargée d'enquêter sur le scandale qui a provoqué la suspension des aides occidentales jusqu'à ce que le gouvernement restaure la discipline fiscale.

M. Chinoko affirme que le parti au pouvoir --le Parti populaire fondé par Joyce Banda-- a tenté de détourner des fonds publics pour financer la campagne électorale du parti lors des prochaines élections générales prévues en mai 2014.

Le ministre de l'Information Brown Mpinganjira a démenti les allégations, les qualifiant d'"incorrectes et (pas) vraies".

"Je vois que quelqu'un essaie d'utiliser la commission (catholique) pour mener sa propre bataille contre la présidente," et veut la "traîner dans la boue", a déclaré le ministre.

En octobre Mme Banda a limogé des hauts responsables du gouvernement, dont le ministre des Finances Ken Lipenga et le ministre de la Justice Ralph Kasambara.

Le scandale a notamment consisté en un détournement de un milliard de kwacha (3 millions de dollars) reversé sur une société fantôme, selon le Bureau anti-corruption.

Les pays donateurs, qui contribuent à hauteur de 40% au budget national du Malawi, ont suspendu une aide de 150 millions de dollars jusqu'en février 2014, lorsque le Fond Monétaire International (FMI) examinera la situation.

Le bureau de lutte contre la corruption du Malawi déclare avoir arrêté 21 personnes et enquêter sur 81 entreprises impliquées dans le scandale, qui a entaché la réputation de Mme Banda au Malawi et auprès des donateurs.

Une vérification judiciaire soutenue par des experts britanniques de la fraude et de la corruption est en cours.

fm/sn/afp/jmc