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13/12/2013 03:35 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

L'ONU se penche sur la protection des journalistes

La France et le Guatemala vont dresser une liste de propositions concrètes susceptibles de renforcer la protection des journalistes, en particulier dans les zones de conflit, a indiqué vendredi l'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud après une réunion sur ce sujet à l'ONU.

Ce document rassemblera diverses idées évoquées par les participants à cette réunion, dont la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda, la directrice de l'Unesco Irina Bokova et le directeur général de Reporters sans frontières Christophe Deloire. La réunion était co-présidée par la France et le Guatemala et y assistaient plusieurs ambassadeurs membres du Conseil de sécurité.

"Nous verrons ce qui est possible, efficace et acceptable" dans ces propositions, a précisé M. Araud, qui préside le Conseil de sécurité en décembre. Il a rappelé que 76 journalistes avaient été tués dans l'exercice de leur métier depuis le début de l'année -- notamment au Mali, en Syrie, en Somalie ou au Pakistan -- et de nombreux autres enlevés, "avec un taux d'impunité exceptionnel de 90%".

Christophe Deloire a notamment proposé la création d'un groupe d'experts indépendants chargés de contrôler le respect par les Etats membres de l'ONU de leurs obligations vis-à-vis de la presse. Il suggère aussi de préciser dans les statuts de la CPI que prendre pour cible un journaliste est un crime de guerre.

La protection des journalistes contre toute violence est inscrite en principe dans plusieurs textes internationaux comme les Conventions de Genève sur le traitement des civils dans les conflits ou des résolutions de l'ONU mais pas de manière assez spécifique, ont expliqué plusieurs des intervenants. "Le meurtre de journalistes est la forme le plus extrême de censure", a souligné l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant. "L'ONU doit s'impliquer, nous devons trouver des moyens de mieux faire appliquer les textes internationaux existants", a-t-il plaidé.

L'Assemblée générale de l'ONU a décrété le 2 novembre "journée internationale pour mettre fin à l'impunité des crimes contre les journalistes". Cette date coïncide avec l'assassinat le 2 novembre dernier au Mali de deux journalistes français de Radio France Internationale (RFI), Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Présente à l'ONU, la directrice du bureau de RFI à Washington Anne-Marie Capomaccio a dénoncé "la banalisation des pressions et des menaces" contre les reporters, en particulier en Afrique. Dans certains pays, a-t-elle rappelé, un journaliste qui suit sur le terrain un groupe rebelle "est assimilé à un rebelle" par le pouvoir en place et il peut être harcelé uniquement parce qu'il a donné la parole à l'opposition légale.

avz/gde