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13/12/2013 12:15 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Le Bangladesh en proie à des violences après l'exécution d'un chef islamiste

Le Bangladesh était touché par une nouvelle vague de violences vendredi après l'exécution d'un chef islamiste jugé responsable de massacres commis durant la guerre d'indépendance en 1971, selon la police.

Abdul Quader Molla, 65 ans, était le dirigeant du parti Jamaat-e-Islami surnommé, par les procureurs, le "boucher de Mirpur", une banlieue de Dacca où il a commis la plus grande partie des atrocités dont il était accusé. Il s'agit de la première exécution d'un des condamnés à mort par un tribunal controversé mis en place au Bangladesh pour juger les crimes de guerre commis en 1971.

Le dirigeant du parti islamiste a été pendu jeudi à 22H01 (16H01 GMT) après le rejet par la Cour suprême d'un dernier appel contre cette décision.

Des échauffourées entre manifestants islamistes et de l'opposition ont éclaté après cette exécution.

Deux sympathisants de l'Awami League, le parti au pouvoir, ont été battus à mort dans la ville de Kalaroa vendredi matin tandis que des sympathisants islamistes ont lancé des bombes incendiaires contre des gares, mis le feu à des bâtiments d'entreprises proches du gouvernement et bloqué des routes, selon la police.

Les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans la capitale où aucun trouble n'était enregistré vendredi mais la crainte d'un déchainement de violences est présente en ce jour de prière pour les musulmans.

A Washington, un représentant du Département d'Etat a estimé que le Bangladesh traversait une "période très délicate", exhortant les différents parties à résoudre leurs différends de façon pacifique.

"Nous avons exhorté les autorités à assurer des procès libres, transparents et respectant les standards internationaux et nous avons aussi demandé aux différentes parties et à leurs sympathisants d'exprimer leur opinion de façon pacifique, sans recourir à la violence", a dit la porte-parole adjointe Marie Harf.

Le Bangladesh a exécuté le dirigeant islamiste en dépit des pressions internationales, en particulier du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, lui demandant de surseoir à cette décision.

A la tête d'une milice pro-pakistanaise qui combattait l'indépendance du pays, Abdul Quader Molla a été reconnu coupable de viols et du meurtre de plus de 350 civils non-armés.

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