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13/12/2013 03:39 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

La défense de Belounis porte plainte à Paris contre son club du Qatar

La défense du footballeur Zahir Belounis, retenu un an au Qatar, a porté plainte vendredi à Paris contre le club qui l'employait là-bas, a annoncé son avocat lillois, Me Frank Berton.

La plainte, adressée au procureur de la République de Paris "pour escroquerie, conditions de travail contraires à la dignité de la personne, faux et extorsion de fonds aggravée", est également portée contre "X", et sollicite la désignation d'un juge d'instruction.

Elle vise directement le Military Sport Association, le club qui avait enrôlé Zahir Belounis en 2007 et qui a pris en juin 2011 le nom d'Al-Jaish Sport Club, présidé par le général Hamad Bin Ali Al Attiyah, chef d'Etat-major des armées et ministre de la Défense du Qatar.

Pour obtenir son visa de sortie, Belounis a confié avoir dû signer un licenciement antidaté au 1er février 2013, et renoncer ainsi à son contrat qui courait jusqu'en juin 2015 pour une valeur de 120.000 à 150.000 euros.

"Officiellement, on m'a fait des excuses, +on est désolé de ce qu'on t'a fait+. J'ai compris que je n'avais pas trop le choix et puis j'étais psychologiquement à bout", a-t-il expliqué à la presse le 3 décembre à Paris, quelques jours après avoir pu enfin quitter le Qatar.

Déposée également contre "X", autrement dit "tout auteur(s), et/ou complice(s)", la plainte vise en fait les "sponsors", ou parrains du joueur qui, en tant qu'employé étranger, était soumis -au même titre que l'ensemble des travailleurs immigrés dans les pays du Golfe- au système de la "Kafala", où chaque salarié est en fait la quasi-propriété de son "sponsor", son "Kafil".

Le Qatar, petit et richissime pays du Golfe choisi pour organiser le Mondial-2022, est la cible d'une avalanche de reproches, non seulement pour les problèmes de température élevée pour la compétition, mais accusé aussi d'exploiter les ouvriers étrangers qui y travaillent sur les chantiers.

Une polémique a également vu le jour sur la façon dont il a convaincu fin 2010 le comité exécutif de la Fifa de lui confier l'événement sportif le plus populaire de la planète. Le comité d'éthique de la Fifa a même ouvert une enquête.

bur-gv/sk