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13/12/2013 09:52 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Hommage à Mandela: excuses officielles pour la traduction massacrée en langue des signes

Le gouvernement sud-africain a présenté vendredi des excuses formelles à la communauté des malentendants pour la traduction en langue des signes de la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela, massacrée par un non-professionnel qui aurait eu maille à partir avec la justice, selon une télévision sud-africaine.

"Nous nous excusons sincèrement auprès de la communauté des sourds et de tous les Sud-Africains ayant pu se sentir insultés", a déclaré le ministre de la Culture Paul Mashatile.

Il a annoncé le vote "probablement au début de l'an prochain" d'une loi pour encadrer la profession "afin que ce genre d'incident ne se reproduise jamais plus".

La veille, une ministre de second plan, adjointe au ministre des Personnes handicapées Hendrietta Bogopane-Zulu, avait admis "une erreur", soulignant que l'interprète n'avait peut-être pas le niveau en anglais, était fatigué et rejetait la faute sur son entreprise.

Les médias locaux ont cependant entrepris de fouiller le passé de l'interprète et selon la chaîne eNCA, Thamsanqa Jantjie a un casier judiciaire loin d'être immaculé et a été condamné à trois ans de prison pour vol en 1995, et fait également l'objet de poursuites pénales pour d'autres faits dans les années 1990.

La principale association des sourds sud-africains Deaf SA avait dès mercredi souligné que l'interprète défaillant avait déjà été vu dans d'autres événements officiels, et qu'elle s'était plainte dans un rapport adressé au gouvernement.

L'interprète mis en cause, Thamsanqa Jantjie, s'est défendu en affirmant avoir eu une crise de schizophrénie sous l'effet du stress durant la cérémonie, s'attirant les foudres de la société de psychiatrie sud-africaine qui a condamné "la représentation erronée de la maladie mentale comme une excuse pour de l'incompétence".

Mardi, l'ensemble de la communauté des sourds a assisté avec stupéfaction et indignation au spectacle de M. Jantjie gesticulant pour ne rien dire à côté des orateurs qu'il était censé traduire.

Joint au téléphone par l'AFP vendredi, le malheureux interprète s'est refusé à discuter de l'incident, se disant trop occupé à rédiger ses explications pour le gouvernement. "Je me suis expliqué hier (jeudi) dans tous les médias et aujourd'hui je m'occupe du gouvernement qui veut entendre ma version de l'histoire", a-t-il déclaré.

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