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12/12/2013 10:21 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Un leader de l'opposition a été exécuté au Bangladesh

DACCA, Bangladesh - Un leader de l'opposition reconnu coupable de crimes de guerre a été exécuté jeudi au Bangladesh, quelques heures seulement après que la Cour suprême eut rejeté un appel de dernière minute. La décision fait craindre de nouvelles violences avant les élections du mois prochain.

Abdoul Quader Mollah a été pendu à 22 h 01 dans une prison de Dacca, a annoncé l'administrateur en chef du gouvernement dans la capitale, Sheikh Youssouf Haroun. L'exécution a aussi été annoncée par plusieurs stations de télévision.

La formation politique de M. Mollah, Jamaat-e-Islami, a immédiatement lancé un appel à la grève générale pour dimanche.

Des centaines de personnes se sont rassemblées à une grande intersection de Dacca pour célébrer l'exécution, affirmant que la justice avait finalement été rendue pour des crimes commis il y a 40 ans.

L'homme de 65 ans avait été reconnu coupable de crimes de guerre en lien avec des actes commis pendant la guerre d'indépendance du Bangladesh face au Pakistan, en 1971.

Abdoul Quader Mollah devient la première personne exécutée depuis que la première ministre Sheikh Hasina a ordonné, en 2010, la tenue de procès spéciaux pour les personnes soupçonnées de crimes de guerre pendant la lutte pour l'indépendance. Le gouvernement affirme que les soldats pakistanais, avec l'aide de collaborateurs locaux, ont tué trois millions de personnes et violé 200 000 femmes pendant la guerre de neuf mois.

La majorité des accusés sont des membres de l'opposition.

L'exécution d'Abdoul Quader Mollah avait été suspendue à la toute dernière minute mardi soir. La Cour suprême a ensuite rejeté son dernier appel jeudi.

Jamaat-e-Islami avait prévenu de «conséquences graves» s'il était mis à mort. Le parti est allié à la principale formation d'opposition du pays, le Parti nationaliste du Bangladesh.

D'importantes mesures de sécurité ont été mises en place autour de la prison où il a été pendu. Des policiers et des gardes paramilitaires supplémentaires ont été déployés dans la capitale.

Les rues de Dacca sont restées relativement calmes après l'annonce de la décision de la Cour suprême, mais des affrontements violents entre manifestants de l'opposition et policiers ont éclaté dans trois autres villes, faisant des dizaines de blessés. Des véhicules ont été incendiés et des bombes artisanales ont lancées dans les villes de Chittagong, Sylhet et Rajshashi.

Dans l'est du pays, trois personnes ont été tuées et 15 autres blessées quand la police a ouvert le feu pour disperser les manifestants. Les violences se sont produites dans le district de Laxmipur, à 95 kilomètres à l'est de Dacca.