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12/12/2013 02:13 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Nigeria: HRW accuse le gouvernement de fermer les yeux sur des atrocités

LAGOS, Nigeria - Le gouvernement nigérian a fermé les yeux sur des années de tueries dans deux États du centre du pays, a dénoncé jeudi Human Rights Watch, et il n'a jamais sévi contre ceux qui ont brûlé vives leurs victimes et en ont tué d'autres en raison de leur appartenance tribale ou religieuse.

Le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne a déposé jeudi un nouveau rapport qui détaille «des violences sectaires horribles» qui ont fait plus de 3000 victimes depuis 2010 dans les États du Plateau et de Kaduna, le long du 10e parallèle nigérian et une région où la chrétienté et l'islam s'affrontent souvent violemment.

En l'absence de justice, poursuit le document, les habitants ont entrepris de se venger eux-mêmes, alimentant encore davantage le cycle de violence.

Le gouvernement nigérian n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire et en fait habituellement fi.

Human Rights Watch a prévenu que des insurgés islamistes dans le nord-est du Nigeria ont invoqué «le manque de justice pour des attaques contres des Musulmans» dans ces communautés pour justifier les meurtres de Chrétiens, y compris des attaques-kamikazes contre des églises de ces deux États qui ont fait des dizaines de morts et provoqué de nouveaux affrontements.

La violence dans la région est enracinée dans la religion, l'appartenance tribale, les politiques et une rivalité pour la terre et l'eau. Le tout est compliqué par des politiciens qui se rangent derrière leur groupe religieux ou tribal, au détriment de l'autre partie.

Le document de Human Rights Watch contient plus de 100 pages de témoignages de victimes, témoins, policiers, procureurs, avocats, juges et leaders communautaires. Les enquêteurs de HRW ont visité des villages qui ont été «nettoyés ethniquement» lors d'attaques apparemment orchestrés depuis un an par des Chrétiens.

Certains des auteurs présumés de ces violences n'ont jamais été accusés, même si leur identité est connue. Dans la plupart des cas, les policiers libèrent les suspects en douce au bout de quelques jours — soit parce que les suspects appartiennent au même groupe qu'eux, parce qu'ils ont été soudoyés ou parce que les victimes sont incapables de verser un pot-de-vin.

Seulement 74 personnes ont été condamnées à ce jour, selon HRW, dont 48 Chrétiens.