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12/12/2013 11:35 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Les Etats-Unis risquent de perdre leur "influence" au FMI (Trésor américain)

Les Etats-Unis risquent de perdre leur "influence" au sein du Fonds monétaire international (FMI) si le Congrès ne ratifie pas la réforme de la gouvernance de l'institution, a assuré le secrétaire américain au Trésor jeudi.

"Sans ces réformes, nous risquons de voir un recul de l'influence des Etats-Unis au sein du FMI", a déclaré Jacob Lew devant une commission du Congrès américain, s'inquiétant de voir certains pays tenter de "peaufiner leur stature" internationale en dehors de l'institution de Washington.

Le Fonds monétaire international a adopté en 2010 une réforme renforçant le poids des pays émergents en son sein et doublant ses ressources permanentes (quotes-parts), mais son entrée en vigueur reste suspendue à une ratification parlementaire aux Etats-Unis, qui disposent d'un veto de fait dans l'institution dont ils sont le principal actionnaire.

Face à ces retards, les grands pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont annoncé la création de leurs propres fonds monétaire et banque de développement.

"Il est impératif que le Congrès passe à l'action aussi vite que possible sur la réforme de la gouvernance et des quotes-parts du FMI", a insisté M. Lew, soulignant que le "droit de veto" américain au sein du Fonds n'était pas menacé par cette refonte interne.

S'efforçant de déminer l'opposition républicaine, M. Lew a également assuré que cette réforme serait indolore pour les finances publiques américaines.

Les 63 milliards de dollars supplémentaires que les Etats-Unis se sont engagés à débloquer sont en réalité déjà alloués au FMI sous la forme de prêts exceptionnels, a expliqué M. Lew.

"Notre engagement global vis-à-vis du FMI restera donc inchangé", a ajouté le responsable.

Le FMI a plusieurs fois regretté les retards pris dans cette réforme.

Début octobre, sa directrice générale Christine Lagarde avait déploré que son institution reflète encore le monde tel qu'il était "en 2008", avant la crise financière qui a affaibli les pays industrialisés.

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